Hafawa Rebhi
26 Octobre 2017•Mise à jour: 27 Octobre 2017
AA / Le Caire / Hussein al-Qabani
Un tribunal égyptien a condamné jeudi Osama, fils de Mohamed Morsi, le premier président civil démocratiquement élu en Égypte à trois ans de prison ferme. Selon une source judiciaire, Osama a été inculpé pour détention d’une arme blanche dans un incident remontant à décembre 2016.
« Le tribunal de première instance de Zagazig, a condamné Osama Mohammed Morsi à 3 ans de prison et à une amende de 500 livres égyptiennes (30 dollars)» a indiqué à Anadolu, sous couvert d’anonymat, une source judiciaire égyptienne.
Selon cette même source, le verdict est préliminaire, le condamné peut donc faire appel dans un délai de 15 jours, et si le verdict est maintenu par un tribunal de deuxième instance, il peut recourir à la Cour de cassation dans un délai de 60 jours après l'annonce du deuxième verdict.
Selon le correspondant d’Anadolu, c'est le premier verdict contre Osama, en attendant son jugement, mardi prochain, avec 738 autres accusés dans l’affaire de «la dispersion du sit-in de Rabaa » qui remonte à août 2013.
Le 8 décembre 2016, les forces de sécurité avaient arrêté Osama et l’avaient transféré au complexe pénitenciaire de Tora au sud du Caire. Le fils de Morsi avait alors démenti son accusation d’avoir « détenu une arme blanche ».
C'est la deuxième sentence contre les fils de Morsi. Abdallah, le plus jeune d’entre eux, a été condamné en juillet 2014 à un an de prison ferme pour possession de drogue.
Abdallah Morsi a d’ailleurs fait part à Anadolu de « l’exaspération de sa famille des accusations fausses et persistantes manigancées à leur encontre ». Pour lui, le procès contre son frère aîné est « vicié et le verdict est arbitraire, et s’inscrit dans le cadre des représailles systématiques perpétrés par le régime du coup d’Etat [régime d’al-Sissi, ndlr] ». Affirmant l’innocence d’Osama, Abdallah s’est dit confiant « de la justice de l’Histoire et de la justice divine ».
« L'histoire retiendra notre fermeté et notre respect de la volonté du peuple égyptien et se souviendra de notre endurance face aux difficultés éprouvées depuis le coup d'Etat brutal », a-t-il renchéri.
Mohammed Morsi, détenu dans la prison de Borj Al-Arab et dans le complexe carcéral de Tora, où il purge des peines de plusieurs dizaines d’années, est père de cinq enfants : Ahmed, Chayma, Osama, Omar et Abdallah.
Morsi a été démis par l’armée le 3 juillet 2013. Alors que les partisans de Morsi et des Frères musulmans qualifient ce renversement de « coup d’Etat », les partisans du régime d’al-Sissi l’apparentent à une « révolution populaire ».
Depuis lors, Morsi, qui s’attache à sa légitimité électorale, dénonce un « procès politique » à son encontre. Ses détracteurs assurent que la justice égyptienne est « intègre et indépendante ».