Mounir Bennour
13 Décembre 2020•Mise à jour: 13 Décembre 2020
AA / Istanbul
Les autorités égyptiennes ont arrêté un deuxième ministre en une semaine, qui a assumé un portefeuille ministériel à l'époque du président défunt Mohamed Morsi. D'après les médias locaux le ministre était affilié aux Frères musulmans.
Tard dans la soirée du samedi, les médias locaux égyptiens ont annoncé l'arrestation de Hatem Abdel-Latif à son domicile à l'est de la capitale Le Caire. Il était ministre des Transports sous le gouvernement de Morsi.
Il y a une semaine, les autorités égyptiennes ont arrêté le ministre de la Main-d'œuvre sous Morsi, Khaled Al-Azhari, pour « appartenance à un groupe terroriste et financement du terrorisme ». Le parquet a décidé de le détenir pendant 15 jours pour les besoins de l'enquête. L'accusé nie toutes les charges retenues contre lui.
Selon plusieurs sources, dont le journal public Akhbar Al-Yaoum, « l’ancien ministre des Transports arrêté est un des hauts cadres du groupe terroriste des Frères musulmans, il communique avec les dirigeants de l’organisation à l’étranger et il est impliqué dans des complots visant à déstabiliser la sécurité et l'ordre dans le pays ».
D'après les mêmes sources, il fait actuellement l'objet d'une enquête devant le parquet pour ces accusations.
D'un autre côté, le Shehab Center for Human Rights (défenseur non-gouvernemental des droits humains) a déclaré dans un communiqué qu'Abdel-Latif faisait l'objet d'une « disparition forcée » depuis son arrestation arbitraire vendredi à l'aube à son domicile au Nouveau Caire.
Le communiqué de Shehab a précisé que « Le Centre condamne la disparition forcée d'Abdel-Latif, tient les autorités égyptiennes pour responsables de sa sécurité et exige la divulgation de son lieu de détention ainsi que sa libération immédiate ».
Morsi a assumé la présidence du pays en 2012. Après environ un an, il a été renversé à l'été 2013, et le groupe des Frères musulmans à qui il était affilié, a été interdit. Des centaines de ses dirigeants et de ses membres ont été arrêtés pour des accusations liées au terrorisme malgré les dénégations répétées du groupe et de ses affirmations selon lesquelles il avait renoncé à la violence, considérant les procédures engagées contre lui comme étant une « persécution ».
L'Égypte est confrontée à des critiques internationales concernant la « restriction des libertés » et l'arrestation d'opposants. Cependant, le Caire a affirmé à plusieurs reprises sa volonté de respecter la loi et les principes des droits de l'homme.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.