Servet Günerigök
21 Mars 2023•Mise à jour: 21 Mars 2023
AA / Washington / Servet Gunerigok
Les États-Unis ont établi que tous les protagonistes du conflit dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, ont "commis des crimes de guerre", a déclaré, lundi, le Secrétaire d'État américain, Antony Blinken.
"Après un examen minutieux des faits et des règles de droit, j'ai conclu que des membres des forces de défense nationales éthiopiennes, des forces de défense érythréennes, des forces du Front populaire de libération du peuple du Tigré (TPLF) et des troupes Amharas ont commis des crimes de guerre lors du conflit dans le nord de l'Éthiopie", a déclaré Antony Blinken lors d'une conférence de presse au Département d'État, à l'occasion de la publication du rapport sur les pratiques en matière de droits de l'homme (Country Reports on Human Rights Practices) pour l'année 2022.
Blinken a ajouté que les membres des forces de défense éthiopiennes, érythréennes et des troupes Amharas "ont également commis des crimes contre l'humanité, notamment des meurtres, des viols et d'autres formes de violence sexuelle et de persécution".
"Les troupes Amharas ont commis le crime contre l'humanité de déportation ou de transfert forcé, et se sont livrées à un nettoyage ethnique" dans la partie occidentale du Tigré, a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie américaine a également déclaré que Washington exhorte les gouvernements de l'Éthiopie et de l'Érythrée, ainsi que les forces du TPLF, à faire en sorte que les responsables de ces atrocités répondent de leurs actes.
La guerre entre les forces gouvernementales éthiopiennes et les rebelles du Tigré a éclaté en novembre 2020, après que le TPLF a attaqué les bases de l'armée fédérale dans la région du nord.
Les hostilités ont baissé d'intensité après que les deux parties ont signé des accords à Pretoria et à Nairobi, en novembre de l'année dernière.
Le conflit du Tigré a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés depuis novembre 2020.
Un rapport des Nations unies publié à la fin de l'année dernière évalue à 2,75 millions le nombre de personnes déplacées, tandis que près de 12,5 millions d'enfants nécessiteraient une aide humanitaire d'urgence.
* Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj