Slim Jerbia
23 Juin 2017•Mise à jour: 24 Juin 2017
AA/Libreville
Les experts de la Cour pénale internationale (CPI) ont achevé à Libreville une mission préliminaire sur les violences post-électorales au Gabon après la réélection contestée du président Ali Bongo Ondimba en septembre dernier.
Entamée mardi, la mission s’est achevée jeudi, informe la presse gabonaise.
« Nous venons de passer deux jours de mission intense. Nous avons bénéficié de la coopération exemplaire du gouvernement et de l’opposition », a déclaré jeudi soir Amady Ba, un des experts, face à la presse, a rapporté gabonactu.com.
« Lors de notre séjour nous avons rencontré l’opposant Jean Ping, le procureur général, le procureur de la République, certains membres du gouvernement, la société civile ainsi que certaines représentations diplomatiques accréditées au Gabon», a-t-il ajouté.
« Sur la base des éléments rassemblés dans les différents camps, la CPI décidera d’ouvrir ou pas une enquête en fonction de la tangibilité des faits récoltés sur le terrain», a-t-il encore dit.
La République gabonaise avait saisi le Procureur de la CPI, le 21 septembre 2016, «aux fins d’apprécier une série d’actes graves, commis sur son sol et incitant à la violence à l’occasion de l’élection présidentielle d’août 2016.», révèle un communiqué signé le 19 juin 2017 par le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nzé.
Le gouvernement gabonais demandait à la CPI «de bien vouloir ouvrir sans délai une enquête», au regard de «faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide» et de «crimes contre l’humanité» qu’il attribuait aux militants favorables au candidat Ping.
De son côté, Jean Ping avait également saisi la CPI le 15 décembre 2016, dans le but de dénoncer des «crimes contre l’humanité» lors des violences post-électorales. Le candidat avait assuré avoir la preuve que plusieurs personnes avaient été tuées par balles par les forces de l’ordre.
La scène politique gabonaise a plongé dans l’agitation depuis la victoire contestée du président Ali Bongo à la Présidentielle d’août 2016. Bongo l'a emporté d'une très courte tête (50,66 %) contre Jean Ping (47,24 %). Mais son adversaire principal et candidat de l’opposition a crié à la fraude électorale, surtout dans le fief du camp Bongo, le Haut Ogoué (Sud-est).
Commentant les violences post-électorales, le pouvoir avait annoncé un bilan de 4 morts dont un policier. L’opposition et la société civile ont évoqué pour leur part un bilan variant de 50 à 300 morts.