Nadia Al Chahed,Esma Ben Said
14 Décembre 2015•Mise à jour: 15 Décembre 2015
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Depuis les violences de vendredi qui ont fait, officiellement 87 morts au Burundi, les condamnations et autres mises en garde de la communauté internationale ne cessent de fuser appelant au dialogue et à la mobilisation contre de tels « débordements».
La crise politico-sécuritaire qui secoue le Burundi depuis avril dernier, date de l'annonce officielle de la candidature du président Pierre Nkurunziza, «est caractérisée par des exécutions extrajudiciaires, la destruction des médias indépendants qui ont cessé d'émettre au Burundi voici plusieurs mois, la torture et la violation généralisée des droits de l'Homme », a dénoncé, lundi, l' Organisation des juristes de la Communauté Est africaine (L'East Africa Law Society-EALS).
Dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, L'EALS a appelé, la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) à sortir de son mutisme dans la perspective de tenir «un dialogue inter- burundais inclusif et respectueux des accords d'Arusha pour éviter un nouveau conflit qui affecterait la région toute entière».
Dimanche, la Haute représentante et vice-présidente de l’Union Européenne, Federica Mogherini et le Commissaire à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica, avaient condamné, dans une déclaration conjointe rendue publique, «les exécutions sommaires accomplies par les forces de sécurité suite aux attaques contre des camps militaires vendredi dernier ».
Les responsables européens estimaient, dans le même communiqué, que « la lumière doit être faite sur toutes ces attaques graves afin d’en identifier les responsables et les ramener à répondre de leurs actes».
«Cette situation dégradée qui prévaut au Burundi exige en premier lieu l'ouverture d'un processus politique à travers un dialogue inter-burundais sous médiation de l'Ouganda avec l'aide de l'Union africaine », ont souligné les responsables.
Les Etats Unis et le Canada avaient, recommandé, dimanche, à leurs ressortissants, dont la présence au Burundi n’est pas nécessaire, de quitter ce pays où « la situation sécuritaire est dégradée ».
L’organisation des droits de l'homme Human Rights watch (HWR) avait, quant à elle, exigé, dimanche, l'ouverture d'"une enquête sérieuse et indépendante" pour établir les circonstances exactes des tueries commises vendredi à Bujumbura, estimant qu'il s'agit de loin des actes les plus graves, et qui ont causé le plus grand nombre de victimes depuis le début de la crise au mois d’avril".
Selon le dernier bilan officiel fourni samedi par l'armée, 87 personnes (79 rebelles et huit soldats) ont trouvé la mort pendant et après les attaques perpétrés par des individus lourdement armés, qui ont visé vendredi trois positions militaires à Bujumbura et ses environs.
Interrogés par Anadolu, plusieurs habitants de la capitale burundaise avaient évoqué des dizaines de cadavres retrouvés dans les rues de Bujumbura, samedi matin, et particulièrement dans ses quartiers contestataires.
Ces témoins ainsi que des représentants de la société civile accusent les forces de l’ordre d’avoir mené vendredi, après les attaques contre des camps militaires, des opérations de ratissage et des perquisitions violentes et délibérées, tuant et arrêtant un nombre important de jeunes considérés comme "anti-pouvoir".