Pascal Mulegwa
10 Mars 2023•Mise à jour: 10 Mars 2023
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Une délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies est arrivée, jeudi soir en République démocratique du Congo (RDC) où des élections sont censées avoir lieu en fin d’année, alors que s’observe un regain de violences dans la partie orientale, troublée par la violation d’un cessez-le-feu entre soldats et rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars).
Conduite par le représentant de la France à l’ONU, Nicolas de Rivière et du représentant du Gabon au sein de la même organisation, Michel Xavier Biang, la délégation est arrivée dans la soirée à Kinshasa pour une visite de travail du 9 au 12 mars.
A Kinshasa, la délégation qui a pour mission d’évaluer la situation sécuritaire en RDC et la mise en œuvre du mandat de la Monusco (Mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC), rencontrera « le président Felix Tshisekedi, le Premier ministre Sama Lukonde, les membres du Gouvernement, les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, les acteurs politiques, les représentants de la société civile, la communauté diplomatique, la Monusco et le système des Nations Unies en RDC », précise un communiqué de l’ONU.
« C’est une visite importante qui se déroule dans un contexte difficile, puisque les groupes armés sont actifs dans l’est de la RDC causant des dommages graves, des milliers de personnes souffrent, il y a une crise humanitaire sans précédent plus un pillage des ressources naturelles », a déclaré devant les médias, dont l’agence Anadolu, le représentant français et chef de la délégation.
« Le conseil est venu apporter un message assez clair. Nous allons regarder ce que les Nations Unies peuvent faire. Il est important d’agir, que les groupes armés cessent leurs activités, que tous participent au processus politique, que les groupes étrangers se retirent, que les groupes armés soutenus par l’étranger se retirent aussi », a-t-il soutenu.
« Notre message sera d’encourager les acteurs politiques de s’engager dans un processus des élections transparentes et crédibles », a ajouté son homologue gabonais, précisant que la Monusco qui a été visée par des manifestations hostiles de la société civile et groupes de pression ces deux dernières années, « fait partie de la solution » aux crises congolaises.
Interrogés sur la violation du cessez-le-feu qui devrait entrer en vigueur depuis mardi dans l’est et qui n’a pas été respectée par les rebelles, les deux diplomates ont estimé qu’il était « important » pour le Conseil de sécurité de l’ONU de « réévaluer » à New – York, la situation sécuritaire de la RDC.
La délégation prévoit une visite à Goma (Est) afin d’apprécier la situation sécuritaire et humanitaire dans la Province du Nord- Kivu, et évaluer le contexte opérationnel dans lequel évolue la Monusco.
Elle devrait avoir « une série de rencontres avec les autorités provinciales, des représentants de groupes de femmes de la Société civile du Nord Kivu, des déplacés internes ainsi que des acteurs régionaux présents en RDC », selon le même document.
Le mouvement rebelle du M23 accusé par l’ONU d’être soutenu par le Rwanda voisin a souscrit pour un cessez – le – feu mais a mené des attaques contre les positions des forces armées congolaises (FARDC) près de la cité de Sake, mercredi et jeudi, selon des autorités locales.
Kigali dément les accusations d’appui aux rebelles.