Safwene Grira
25 Avril 2016•Mise à jour: 25 Avril 2016
AA/ Bujumbura/ Yvan Rukundo
Des hommes armés ont abattu, lundi matin, le Général de brigade Athanase Kararuza, de l'armée burundaise, ainsi que son épouse, a appris Anadolu de source officielle.
L'attaque s'était produite au quartier Mutanga, dans le Nord de la capitale Bujumbura, selon le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, approché par Anadolu.
Au nombre de six, les assaillants s'en sont pris au couple qui était à bord d'une voiture, selon des sources militaires sur le lieu du drame. L'enfant du couple a été grièvement blessé, et transporté à l'hôpital militaire de Bujumbura. Des dizaines de douilles jonchaient le lieu de l'attaque, selon le constat du correspondant d'Anadolu.
Les assassins n'ont pas encore été identifiés. Aucune revendication de l'assassinat n'a pas ailleurs été enregistrée, jusqu'à 08H30 GMT.
Conseiller Principal chargé des Questions de Défense et Sécurité auprès de la Présidence burundaise, et ancien commandant en second de la Mission internationale en Centrafrique (MISCA), le Général Athanase Kararuza est, au moins, le septième haut gradé de l'armée burundaise à être assassiné en moins d'un an, selon un décompte établi par Anadolu, en se basant sur des sources sécuritaires et de la société civile burundaise.
Jeudi dernier, Emmanuel Buzubona, un colonel de l’armée burundaise avait été tué dans le Nord de Bujumbura par des hommes armés non identifiés.
L'assassinat du Général Kararuza Athanase intervient après un week-end marqué par une escalade de violences, selon différentes sources sécuritaires approchées par Anadolu.
Dimanche, Martin Nivyabandi, Ministre de la solidarité nationale et des droits de l'homme, a échappé à la mort, au sortir de la messe dominicale, à Bujumbura. Sa femme a été gravement blessée et un civil est mort au cours de cette attaque à la grenade, selon des sources sécuritaires. Plus tard au cours de la même journée, un haut gradé de la police sera blessé dans une attaque armée, à laquelle succombera sa femme, ont informé des sources policières.
Cette escalade est concomitante de l'annonce la reprise du dialogue entre pouvoir et opposition, du 2 au 6 mai prochain à Arusha en Tanzanie. L'annonce a été faite, dimanche soir, sur les réseaux sociaux, par Benjamin Mkapa, ancien Président tanzanien et co-médiateur de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), avec le Président ougandais Yoweri Musevini, dans la crise burundaise.
Le dialogue inter-burundais, longtemps refusé par Bujumbura au motif que l'opposition était "impliquée" dans des actes de violences, était vivement souhaité par la Communauté internationale, notamment l'Union Africaine (UA), fortement impliquée dans ce dossier. Ce dialogue avait connu une ébauche après des rencontres en Ouganda, en décembre dernier.
La crise burundaise était née le 25 avril 2015 après l'annonce de la candidature, "anticonstitutionnelle" selon l'opposition, du Président Pierre Nkurunziza à un nouveau mandat. Des centaines de morts ont été enregistrées depuis, à mesure que le pays, principalement la capitale Bujumbura, basculait dans des violences quotidiennes.