Tunisie : le mouvement “Tahya Tounès” obtient son visa
La nouvelle formation, proche de Youssef Chahed, l’actuel chef du gouvernement, devient le 215ème parti légal.
Lassaad Ben Ahmed
05 Mars 2019•Mise à jour: 05 Mars 2019
TunisiaAA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Annoncé en grande pompe fin janvier dernier lors d’un meeting qui a rassemblé des milliers de personnes, le mouvement “Tahya Tounès” (Vive la Tunisie), a officiellement obtenu, lundi, le visa légal en tant que parti politique, le 215ème que compte désormais le pays.
Selon un communiqué du ministère chargé des relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’Homme, le visa a été accordé en vertu des dispositions du décret-loi 87 du 24 septembre 2011 relatif à l’organisation des partis politiques.
Considéré comme proche de l’actuel chef du gouvernement, Youssef Chahed, ses fondateurs proclament ouvertement leur soutien à ce jeune dirigeant dans la suite de son parcours politique, vraisemblablement dans son éventuelle course à la présidentielle de 2019.
Le noyau de la nouvelle formation est constitué des 44 députés de la Coalition nationale, le deuxième bloc parlementaire après celui du mouvement Ennahdha, d’obédience islamique (68 élus sur 217). Il devance désormais le bloc de “Nidaa Tounès” (41 députés) dont sont issus plusieurs figures de « Tahya Tounès ».
Fondé par l’actuel président de la république Béji Caïd Essebsi, « Nidaa Tounès » s’est effrité après sa prise en main par le fils du chef de l’Etat, Hafedh, dont la direction contestée a poussé nombre de ses dirigeants à le quitter.
Outre ceux de Nidaa Tounès, le nouveau parti de Youssef Chahed rassemble des dissidents de plusieurs autres partis ayant un poids sur la scène politique tunisienne.
Il se veut “progressiste, moderniste et destourien”, en référence au parti destourien de l’ancien président Bourguiba.
Son ambition est de rafler une majorité de 109 sièges lors des élections législatives qui précéderont la présidentielle à l’automne 2019 pour être “ au service du peuple pendant 3 ou 4 décennies”, selon les propos du président du bloc de la coalition nationale Mustapha Ben Ahmed.
Emergeant en pleine année électorale, le nouveau-né du paysage politique tunisien suscite déjà des craintes chez ses adversaires potentiels.
D’aucuns parmi les observateurs, se posent désormais la question de savoir si ce mouvement sera capable de faire l’unanimité autour de lui et de créer l’équilibre face au mouvement Ennahdha, le meilleur en terme de discipline et d’organisation, ou bien contribuerait-il à davantage de dispersion des forces centristes et modernistes.