1 23
04 Août 2021•Mise à jour: 04 Août 2021
AA/Tunis
Le Conseil de la Choura du mouvement tunisien "Ennahdha" a entamé, mercredi soir, une séance de consultation exceptionnelle, pour discuter de la situation générale du pays, et ce,10 jours après l'annonce des mesures d'exception prises par le Président de la République, Kaïs Saïed, qui ont provoqué des dissensions politiques dans le pays.
Le mouvement a annoncé, à travers une vidéo partagée sur sa page Facebook, l'entame de la réunion extraordinaire.
À l'issue des décisions inattendues de Saïed, le mouvement d'obédience islamique (53 députés sur 217) a appelé au dialogue, et s'est dit prêt à faire les "concessions nécessaires" pour le retour du processus démocratique et l'organisation d'élections anticipées.
Kaïs Saïed, avait annoncé, dans la soirée du dimanche 25 juillet, au cours d’une réunion d’urgence avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, le limogeage du Chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, ainsi que la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés, ce qui implique que le chef de l'État s'arroge le pouvoir de légiférer par décrets présidentiels. Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats du pays, exigeant la démission du gouvernement, dans un contexte de difficultés économiques et sanitaires et d'une crise politique qui dure depuis des mois dans le pays.
Le chef de l’État tunisien, qui rejette les accusations de coup d’État, a déclaré avoir pris ces décisions sur la base de l’article 80 de la Constitution, pour "sauver la Tunisie, l'Etat et le peuple tunisien".
Certains partis politiques, dont le mouvement Ennahdha, ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».
* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni