Esma Ben Said
07 Avril 2018•Mise à jour: 07 Avril 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Deux tentatives de migration clandestines en direction de l’Italie ont été avortées vendredi nuit par les gardes côtes tunisiens, a appris samedi l’agence Anadolu de source officielle.
Selon un communiqué du ministère de l’intérieur, une unité de la marine a intercepté dans la nuit de vendredi à samedi, au large de l’île Kerkennah (sud), un bateau de pêche à bord duquel se trouvaient 76 migrants dont l’âge varie de 14 à 30 ans et parmi lesquels figurent des Tunisiens provenant de plusieurs régions du pays.
Longue de 12 mètres, l’embarcation avait une capacité maximale de 30 personnes.
Selon le communiqué, son propriétaire s’est attaqué à la vedette de la garde nationale à l’aide d’un couteau, tandis qu’un migrant s’en est pris aux agents en les qualifiant de “taghout” (tyrans) et deux autres se sont jetés à la mer avant d’être secourus par les gardes côtes.
Le parquet a ordonné de les déférer devant la brigade de la Garde nationale de Sfax (sud) pour les procédures légales d’usage.
A Mahdia (centre), les unités de la Garde nationale ont dans la même nuit arrêté 11 personnes âgées de 23 à 49 ans, originaires de Nabeul (est) et de Tunis, dont l’un était recherché pour “consommation de drogue et violence”.
Leur arrestation a eu lieu lors d’un coup de filet au cours duquel les agents de sécurité ont investi une maison à Melloulech, dans la région de Mahdia.
Pendant leur interrogatoire, ils ont avoué qu’ils projetaient de franchir illégalement les frontières pour se rendre en Italie.
D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur cités dans le rapport du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), durant le premier semestre de 2017, 54 opérations d'immigration non réglementaire sur le sol tunisien ont été interceptées.
Plus de 600 personnes ont été arrêtées dont 197 étaient de nationalité étrangère (32,2%). Les nationalités les plus fréquentes étaient le Nigeria 36,45%, la Côte d'Ivoire 25,38% et la Gambie 9,64%.
Pour le président du FTDES, Messaoud Romdhani, le désespoir et l'absence d'horizons prometteurs sont les principales raisons qui poussent les jeunes à s'aventurer et à émigrer vers l'inconnu dans l'espoir de changer leurs conditions de vie.
Romdhani a mis l'accent sur l'importance de mobiliser les sociologues et les psychologues pour examiner les moyens de faire sortir les jeunes du désespoir appelant également les politiciens à créer des mécanismes pouvant attirer les jeunes et les aider à réhabiliter leur confiance en un avenir meilleur dans leur pays.
Dans ce contexte, il a fait remarquer que l'abandon scolaire et l'absence de perspectives poussent les jeunes non seulement à la migration mais aussi au suicide et à l'adhésion aux groupes terroristes.