Nadia Chahed
24 Octobre 2018•Mise à jour: 25 Octobre 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Le parti tunisien "Ettakattol" (opposition) a qualifié, mercredi, le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre au consultat d'Arabie Saoudite à Istanbul, de "crime d'Etat avéré".
Dans un communiqué signé par son président, Khalil Zaouia, et dont l'agence Anadolu a reçu copie, Ettakattol condamne "fermement et avec la plus grande vigueur" cet acte appelant à juger "tous ceux qui l'ont ordonné, planifié et exécuté".
Ettakattol fait état de son "étonnement" de voir ce meurtre mobiliser "la conscience internationale", alors que le monde assiste à des crimes commis quotidiennement contre le peuple yéménite, dénonçant le silence qui entoure les événements dont le Yémen est le théâtre.
De son côté, le mouvement d'obédience islamique, "Ennahdha", a appelé à lever le voile sur les péripéties du meurtre du journaliste et à juger ceux qui l'ont exécuté et ses commanditaires.
Le mouvement dénonce, dans un communiqué publié mardi sur son site électronique, un "crime abject", qui contrevient aux valeurs de l'Islam et enfreint les conventions internationales.
Il considère que ce "meurtre prémédité" a endeuillé la scène médiatique et démocratique arabe dont le défunt était "l'un de ses symboles".
Pour le président du syndicat des journalistes tunisiens Néji Bghouri, le meurtre de Jamal Khashoggi "ne constitue pas un cas isolé", mais entre dans le cadre du traitement réservé par les autorités saoudiennes aux activistes et aux journalistes de manière générale.
"Il y a en la matière, une responsabilité politique parce que des ordres et des instructions ont été données pour la commission de ce meurtre et le régime saoudien doit rendre des comptes", a-t-il opiné mercredi dans une déclaration à la presse.
Par ailleurs, dix ONG tunisiennes ont appelé, dans un récent communiqué commun, à ouvrir une enquête internationale indépendante et urgente sur l'assassinat du journaliste saoudien.
"Toute tentative visant à empêcher cette enquête va autoriser les autorités saoudiennes à faire taire le plus grand nombre de saoudiennes et de saoudiens parmi les défenseurs de la liberté d’expression et de presse et des droits de la femme et pour continuer à perpétrer des crimes de guerre au Yémen", ajoute le document daté du 10 octobre.
Parmi les signataires du communiqué figurent l'Association tunisienne de défense des valeurs universitaires, l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), l'Association vigilance pour la démocratie et l’Etat civique, le Centre de Tunis pour la liberté de la presse, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).