Mona Saanouni
28 Mai 2018•Mise à jour: 29 Mai 2018
AA/Tunis/Saifeddine Mahjoub
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a décidé, lundi, de suspendre le Document de Carthage pour déterminer les priorités du gouvernement, pour une période indéterminée".
La décision de Caïd Essebsi intervient en raison des "différends persistants entre les signataires du Document sur un remaniement partiel ou complet du gouvernement".
La porte-parole de la Présidence tunisienne, Saïda Garrach, a déclaré que "Caïd Essbesi a décidé de suspendre l'Accord de Carthage pour une période indéterminée".
Garrach a expliqué la décision du président par "l'impossibilité de parvenir à une position unifiée entre les signataires du Document sur le sort du gouvernement de Youssef Chahed".
De son côté, Noureddine Taboubi, Secrétaire général de l'Union générale des Travailleurs tunisiens (UGTT, Centrale syndicale) a souligné "la divergence des points de vue sur la désignation du nouveau Premier ministre".
Dans des déclarations à sa sortie d'une réunion tenue au Palais de Carthage, Taboubi a considéré que "la suspension du Pacte de Carthage est une décision du président de la République, et que l'Union retournera vers ses structures pour prendre la bonne décision".
Il a affirmé que son organisation "n'est plus concernée par l'Accord de Carthage".
Quant au président du mouvement d'Ennahdha (d'obédience islamique), Rached Ghannouchi, il a tenu les parties n'ayant pas cherché le consensus pour responsables de la suspension de l'Accord de Carthage".
Ghannouchi a déclaré que "son mouvement avait l'habitude de faire des compromis pour l'intérêt de la patrie, mais quand la situation arrive à un niveau dangereux, au point de porter atteinte à l'intérêt suprême, Ennahdha ne fera aucun compromis.