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Tunisie: Al-Massar rejette toute suspension de la Constitution

- Le parti appelle les forces démocratiques et sociales à accélérer la formation d'un front politique et républicain qui puisse s'opposer à l'autocratie.

Malek Jomni   | 24.09.2021
Tunisie: Al-Massar rejette toute suspension de la Constitution

Tunisia

AA/ Tunis/ Malèk Jomni

Le parti Al-Massar a dit rejeter toute suspension de la Constitution de 2014, selon un communiqué rendu public jeudi sur sa page officielle Facebook.

Il appelé dans ce sens, les forces démocratiques et sociales à accélérer la formation d'un front politique et républicain qui puisse s'opposer à l'autocratie.

Ce front devrait, selon le communiqué, favoriser une action participative pour gérer la période à venir, protéger les institutions de l'Etat contre toute dérive et répondre aux revendications du peuple.

Le parti a, par ailleurs, mis en garde contre toute mise en place de dispositions et de lois taillées sur mesure permettant au chef de l'Etat de s'accaparer tous les pouvoirs, tout en soulignant son rejet de la décision de suspendre ou de modifier la Constitution. Cette dernière est, en dépit des lacunes, le fruit des efforts menés par les forces vives de la nation qui ont lutté contre le projet des "Frères musulmans", lit-on de même source.

Le communiqué indique également que tout amendement de la Constitution doit passer à travers un processus inclusif, sans exclusion aucune, rappelant que le président de la République, qui avait juré de respecter la Constitution, est le garant de la Loi fondamentale et de la préservation de l'unité nationale.

La Tunisie est en proie à une grave crise politique depuis que le chef de l’Etat avait décidé, le 25 juillet, de révoquer le Chef du gouvernement Hichem Mechichi, de geler les pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours et de lever l’immunité des députés, dans le cadre de mesures d’exception. Kaïs Saïed avait également annoncé qu’il s’arrogeait le pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont il désignera le chef et a procédé dans les jours suivants à une série de limogeages de ministres et de hauts responsables dans l’appareil de l’Etat.

La majorité des partis a rejeté les décisions de Saïed, prorogées sine die en date du 24 août écoulé. Certains partis ont qualifié ces décisions de « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d’autres formations politiques l’ont considéré comme étant une « restauration du processus », sur fond de crises politiques, économiques, et sanitaires (Covid-19).

Au cours des derniers jours, plusieurs partis ont annoncé leur rejet de l’abrogation de la Constitution par Kaïs Saïed, mettant en garde contre le retour de la tyrannie et de l’autoritarisme, après la révolution de 2011 qui avait renversé le régime du Président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).


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