Fatma Bendhaou
09 Août 2021•Mise à jour: 09 Août 2021
AA/ Peter Kum
Le bilan des affrontements intercommunautaires ayant eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche à Batha, au Tchad, s'est alourdi à 22 morts, selon le ministre tchadien de la Sécurité publique et de l'Immigration. Un précédent bilan faisait état de 17 victimes.
« Le nouveau bilan des affrontements qui se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche dans le canton Moyto situé dans le département de Ngoura au nord-est du pays est passé de 17 à 22 décès et une vingtaine de blessées », a annoncé, lundi, à l’Agence Anadolu le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration, Souleyman Abakar Adam.
Samedi soir, un violent conflit intercommunautaire est survenu au village Haradjah, dans le canton Moyto situé dans le département de Ngoura.
Le conflit est lié à un différend autour d'un terrain agricole entre des éleveurs et des agriculteurs.
Les belligérants dont des éléments de l’armée ont fait usage d'armes de guerre et de marchettes dans les affrontements qui ont duré plusieurs heures.
« Deux éléments des forces de défense et de sécurité ont été arrêtés après avoir pris part samedi au conflit intercommunautaire meurtrier dans la province du Hadjer Lamis », a souligné le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration.
« Nous avons procédé à l'arrestation immédiate de tous les instigateurs notables et leurs complices, et de deux éléments des forces de l'ordre ayant participé au combat entre deux communautés. Nous avons procédé à l'arrestation immédiate de tous les détenteurs d'armes à feu », a détaillé le ministre qui s'est rendu dimanche dans la zone des violences avec une délégation comprenant deux autres membres du gouvernement tchadien.
« Une force conséquente a été déployée pour sécuriser la zone et veiller à la sécurité des personnes. Le terrain conflictuel sera inutilisable par les deux communautés jusqu'à nouvel ordre », a relevé Souleyman Abakar Adam.
Les conflits entre communautés sont fréquents dans le centre et le sud du Tchad, où nombre d’habitants sont armés.
Ils opposent principalement éleveurs nomades et cultivateurs autochtones sédentaires, ceux-ci accusant notamment les premiers de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.