Lassaad Ben Ahmed
06 Juin 2022•Mise à jour: 06 Juin 2022
AA / Peter Kum
La justice tchadienne a requis, lundi, deux ans de prison ferme et 100 000 francs CFA (152 euros) d’amende et 2 milliards (1,5 million d’euros) de dommages et intérêts contre 6 leaders de Wakit Tama, une coalition de partis politiques de l'opposition et d'organisations de la société civile.
Ils sont poursuivis pour plusieurs chefs d'inculpation, suite à une manifestation anti-française le 14 mai dernier.
Le procès qui s’est ouvert lundi 6 juin avait été délocalisé à Moussoro, une ville du Tchad située au centre-ouest du pays, « pour des raisons de sécurité », selon le ministère de la Juste.
A l’annonce de la délocalisation de l’audience de N'djamena à Moussoro, le conseil de l’ordre des avocats dont deux membres font partie des prisonniers, a dénoncé lors d’un point de presse, jeudi dernier, une procédure illégale et prévenu qu’aucun avocat ne serait présent au procès.
C’est donc sans défense que les six leaders d’opinion ont comparu ce lundi.
Pour rappel, six membres de Wakit Tama avaient été arrêtés le 14 mai à la suite de la marche contre la politique française au Tchad.
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djamena, Moussa Wadé Djibrine avait annoncé qu’ils allaient comparaitre à « l’audience foraine des flagrants délits du lundi 06 juin 2022 à Moussoro » pour « attroupement non autorisé, incitation à un attroupement, incendie volontaire, destruction de biens, coups et blessures volontaires et trouble à l’ordre public ».