Atem Simon Mabior,Saida Charafeddine
30 Octobre 2015•Mise à jour: 30 Octobre 2015
AA/Juba/ Atem Simon
Les partis de l’opposition pacifique du Soudan du Sud, se sont félicités des résultats du rapport de la mission effectuée dans le pays, par la Commission d'enquête de l'Union africaine (UA), accusant le gouvernement et l'opposition armée d'avoir commis des violations des droits de l'homme, dès le déclenchement du conflit, il y a deux ans.
La Commission formée par l'Union africaine et dirigée par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a en effet publié, mardi, un rapport accablant, accusant les protagonistes du conflit, au Soudan du Sud, de graves violations des droits de l’Homme. La Commission a affirmé «disposer de preuves sur les assassinats, la torture, les traitements cruels et inhumains, les enlèvements, et autres exactions perpétrées par les deux armées, celui du gouvernement [du président Salva Kiir] et celui de l'opposition [dirigée par Riek Machar], depuis le déclenchement de la guerre, le 15 Décembre 2013».
«La publication du rapport de la Commission d'enquête contribuera à établir la justice au sein de l’Etat naissant», a affirmé Lam Akol Ajawin, le leader de l’alliance des forces de l’opposition au Soudan du Sud.
Ajawin a déclaré à la presse, vendredi, dans la capitale Juba, qu’il s’agira, dans «une prochaine étape, de prouver ces accusations devant le tribunal, qui décidera si les accusés sont coupables ou non de ces crimes».
Le gouvernement avait, pour sa part, annoncé, dès jeudi, rejeter le rapport de la Commission africaine. Le porte-parole du ministère sud-soudanais des Affaires étrangères, Mawien Makol, a affirmé que «la Commission de l'Union africaine a essayé d’aborder des questions qui ont été attestées depuis le début des événements».
«Le rapport n’est pas juste. Il nie l'existence d'une tentative de coup d'Etat échouée, menée par Riek Machar et son groupe, à Juba, alors que la réalité prouve le contraire», a ajouté Makol.
Le Soudan du Sud qui a acquis son indépendance, en se séparant du Soudan en 2011, a sombré dans le chaos en décembre dernier, lorsque le président sud-soudanais, Salva Kiir, a accusé le vice-président limogé, Riek Machar, d’avoir orchestré une tentative de coup d’Etat contre lui.
Des conflits tribaux opposent aussi notamment, l’ethnie dinka du président Salva Kiir, majoritaire dans le pays et largement représentée au sein des forces de sécurité de l’Etat, à l’ethnie Nuer, dont est membre le dirigeant de l'opposition, Riek Machar.
Des milliers de Sud-soudanais ont depuis perdu la vie dans le conflit, tandis qu’environ 1,7 million autres ont été déplacés.