AA/Djouba (Soudan du Sud)
La Secrétaire général adjointe des Nations Unies chargée des affaires humanitaires, Kang Kyung-wha, actuellement en visite au Soudan du Sud, a déploré la situation humanitaire d’une ville du nord-est du pays en proie à la guerre civile.
« Je suis venue pour observer la situation des habitants et comment se passe l’assistance humanitaire. J’ai remarqué qu’il y avait un problème » a déclaré, jeudi, devant un groupe de déplacés internes (IDP), Kyung-wha, lors d’un court discours durant sa visite dans la ville de Lankien, dans l’Etat du Nil supérieur.
« Nous ferons ce que nous pouvons pour que cette situation soit réglée » a affirmé la Secrétaire générale adjointe de l’ONU après sa visite aux communautés de la ville, actuellement aux mains des rebelles sud-soudanais.
« Mais la chose la plus importante est que l’accès humanitaire soit rendu possible, afin que nos travailleurs humanitaires puissent vous atteindre » a soutenu Kyung-wha à la population.
Près de 27 000 membres de la tribu Nuer, dont est originaire le vice-président sud-soudanais limogé Riek Machar, ont été déplacées dans cette zone difficile d’accès pour l’aide humanitaire et différents autres services.
Les IDP ont ainsi du se reloger chez des proches ou des communautés voulant bien leur offrir refuge.
D’après une fiche d’information du Bureau des Nations Unies chargé de la Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH), la majorité des habitants de Lankien et d’autres comtés de la région septentrionale du pays sont dans une situation de crise concernant leur sécurité alimentaire.
La malnutrition est en hausse et l’accès à de l’eau potable est également un défi.
Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées par le conflit au Soudan du Sud, dont quelques 473 000 qui se sont enfuis vers les pays voisins, d’après un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU à Djouba, capitale du Soudan du Sud.
Le Soudan du Sud a sombré dans le chaos, en décembre, lorsque le président sud-soudanais, Salva Kiir, a accusé le vice-président limogé, Riek Machar, d’avoir orchestré une tentative de coup d’Etat. Des accusations que Machar réfute catégoriquement, les qualifiant de «complot de Salva pour se débarrasser de ses opposants politiques tout en instillant la peur chez la population».
Les deux camps rivaux au Soudan du Sud avaient signé le 9 mai un accord de paix. Aucun arrangement n’avait cependant réussi à mettre fin aux hostilités, les deux leaders continuant à s’accuser mutuellement de violer les clauses du pacte de paix tout en menant des pourparlers par intermittence à Addis-Abeba sous l’égide de l’IGAD.