Nadia Chahed
19 Mars 2018•Mise à jour: 19 Mars 2018
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
L'opposition et la Société civile burundaises ont dénoncé, lundi, la décision présidentielle fixant la date du référendum constitutionnel au 17 mai, une décision "unilatérale" et qui consacre, selon elles "la mort de la démocratie consensuelle’’.
Joint lundi par Anadolu, Pancrace Cimpaye, porte-parole du Conseil national pour la restauration de la démocratie et d’un Etat de droit (Cnared), principale plateforme de l'opposition burundaise, s'est insurgé contre cette décision "unilatérale".
Il a, en outre dénoncé l'attitude du président Pierre Nkurunziza qui s'est" arrogé illégalement le droit de fixer le pourcentage d’adoption de la nouvelle constitution", une prérogative qui incombe au Parlement", a-t-il souligné.
Vital Nshimirimana, délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile (Forsc), partage ce point de vue, estimant dans une déclaration à Anadolu que "c’est le moment ou jamais pour les Burundais de se lever comme un seul homme pour sauver la République", notant que "le temps des tergiversations, des discours et des positions ambiguës" était révolu.
Il appelle, en outre, à "plus de détermination et d’engagement des politiciens et de la société civile pour ne pas être jugés par l’histoire".
La présidence burundaise a annoncé dimanche dans un décret que le référendum constitutionnel sera organisé le 17 mai 2018, précisant que "le projet sera adopté si la majorité absolue des suffrages exprimés, soit cinquante pour cent plus une voix (50%+1).
Ce décret est publié un mois après la clôture des inscriptions des électeurs pour ce référendum constitutionnel et les élections de 2020.
La nouvelle constitution apporte, deux changements majeurs au niveau du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et il sera «renouvelable». Elle est d'ailleurs rejetée par l'opposition et la société civile qui ont déjà initié un forum citoyen visant à faire barrage à cette "mascarade", qui ne vise selon eux qu'à accorder une présidence à vie à Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 janvier 2018.