Hatem Kattou
04 Août 2017•Mise à jour: 04 Août 2017
AA/Kigali/Henri De Marie
De longues files d’attente se sont formées vendredi matin à Kigali la capitale rwandaise dans les bureaux de vote, à l'occasion de la présidentielle quasiment acquise au président sortant Paul Kagame, à la tête du pays des mille collines depuis 1994.
Les cours des écoles étaient remplies de monde, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Dans le centre du petit stade à Remera (Kigali) les électeurs sont venus nombreux accomplir leur devoir de vote dès 07 heures locales (05 h GMT) dans une atmosphère détendue.
Pour les nouveaux électeurs l'anxiété se mêle à la joie. Isaie Singuranayo, 24 ans, vote pour la première fois.
"Je suis venu très tôt car c'est mon premier vote. Je suis heureux même si je crains de ne pas savoir comment il faut faire, comment on met le bulletin dans l'urne... Je suis un peu stressé mais ça passera", confie le jeune homme dans un rire.
A leur sortie de bureaux de vote, la plupart des votants avouent avoir choisi Kagame, pour "le développement, la sécurité et la stabilité", affirment plusieurs électeurs.
Le taux de participation n'était pas encore connu à 10H40 GMT.
Quelque 6,9 millions d'électeurs rwandais sont attendus aux urnes vendredi pour une élection présidentielle dont la victoire est presque assurée au président Kagame, selon les observateurs politiques.
Le président sortant affronte seulement deux candidats : Frank Habineza, président du seul parti d'opposition toléré dans le pays (Parti démocratique vert) et Philippe Mpayimana, candidat indépendant inconnu, rentré au Rwanda après 23 ans d'exil.
Kagame s'est montré confiant, tout au long de la campagne, rappelant que ces élections sont "jouées" depuis 2015, lorsque 4 millions de Rwandais ont autorisé le Parlement à modifier la Constitution, afin qu'il puisse se présenter pour un troisième mandat et potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.
Paul Kagamé est l'homme fort du Rwanda depuis que le Front patriotique rwandais (FPR) a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché le génocide qui a fait 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.
Depuis, le président rwandais (élu en 2003 et 2010 avec plus de 90% des voix) qualifié de "sauveur" bénéficie d'une large popularité au pays dont le développement spectaculaire témoigne de la reconstruction post-génocide.
Il est toutefois accusé de museler l'opposition, selon plusieurs associations des droits de l'homme.
Les 2.343 bureaux de vote du pays ont ouvert leurs portes à 07 heures locales (5 heures GMT) et les fermeront à 15 heures locales (13 heures GMT).
Les résultats provisoires seront annoncés vendredi soir avant 11 heures (21h GMT) a déclaré à la presse Charles Munyaneza, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale.