AA/Tunis/Esma Ben Said
Le coup d’envoi de la 31ème édition des Jeux olympiques d’été sera donné, vendredi, à Rio, au Brésil. Et l’Afrique, avec 54 délégations participantes, est déjà dans les starting blocks !
Avec quelques centaines d'athlètes africains (sur un total de 10500 participants), le continent noir compte faire bien mieux qu’aux JO de Londres 2012, où seules 34 médailles (dont 11 en or) ont été décrochées. L’Afrique compte également battre son record de Pékin (2008), où ses athlètes avaient remporté 40 récompenses . Pour cela, elle compte sur sa discipline de prédilection: l'Athlétisme.
Voici un tour d’horizon des principaux Africains «médaillables», selon des médias sportifs internationaux.
C’est bien connu, les meilleurs coureurs de fond sont Africains (et surtout Kenyans) ! Que ce soit pour le 800 mètres (le Kenya a remporté six médailles sur douze possibles lors des deux derniers JO), le 5 000 mètres, le 10 000 mètres ou les 3 000 mètres steeple.
Le Kenya, grand habitué des médailles depuis des décennies, a bien failli être interdit de JO, sur fond d'une affaire de dopage de masse.
Finalement passé entre les mailles du filet, ce pays de l'Afrique de l'Est aspire, cette fois encore, à se distinguer à échelle mondiale. Le Kenya a tout de même remporté 30% des médailles africaines aux Jeux olympiques depuis sa première participation, en 1956, avant même son indépendance. Il s'agit de pratiquement le double de la performance de l’Éthiopie, son dauphin sur le continent .
Pour cela, le Kenya compte sur Ezekiel Kemboi, le «King» du 3 000 m steeple. Celui qui a remporté sept médailles consécutives lors des championnats du monde d'athlétisme, dont quatre en or en 2009, 2011, 2013 et 2015, et trois en argent en 2003, 2005 et 2007. Il a également, été double médaillé d’or aux JO d’Athènes (2004) et médaillé d’or à Londres. Jamais deux sans trois ?
S'agissant du 1500 mètres, c'est aussi le Kényan Asbel Kiprop qui fait office de grand favori pour l'or à Rio. Sacré champion olympique sur la distance en 2008, il a remporté trois titres de championnat du monde, en 2011 à Daegu, en 2013 à Moscou et en 2015 à Pékin.
La course de 800 mètres sera selon toute vraisemblance remportée par David Rudisha, déjà sacré champion olympique de la discipline à Londres en 2012- où il avait en bonus battu le record du monde - pronostiquent les observateurs sportifs. Un autre africain, du Nord du continent, risque de titiller Rudischa. En effet, l'algérien Tawfik Mekhloufi sera aligné sur les distances des 800 mètres et des 1500 mètres, dont il est médaillé d'or à Londres en 2012.
Côté Dames, l'Ethiopie, qui peut se targuer d'avoir Genzebe Dibaba, championne du monde en salle du 3 000 m, du 1 500 m et médaillée de bronze du 5 000 m en 2015, compte bien décrocher le précieux Graal qui manque à son palmarès.
Autre fierté du pays et non des moindres: Almaz Ayanna, qui participe pour la première fois aux JO. Ayanna pourrait faire sensation au Brésil, surtout après avoir établi la meilleure performance de tous les temps en juin dernier au meeting de Rome lors de la finale du 5000 mètres (avec 14 min 26 sec 83 centièmes, nouveau record mondial), deux ans après avoir gagné le bronze à Moscou.
En Afrique du Sud, on mise sur Caster Semaya, «énigme», selon certains en raison de son physique à forte dominante masculine.
Semaya a été par le passé médaillée d’argent du 800 m derrière la Russe Mariya Savinova à Londres, médaillée d'or sur 800 mètres aux Jeux africains à Brazzaville et triple championne d'Afrique du 800 mètres, du 1 500 mètres et du 4x400 mètres.
Elle a, par ailleurs, réalisé cette saison la meilleure performance de l’année en 1 min 56 sec et 64 centièmes, lors du meeting international de Rabat.
Autre pointure du continent : Habiba Ghribi, première athlète féminine tunisienne à décrocher une médaille pour son pays (l’Argent sur 3000 mètres steeple à Londres avant de récupérer la première place en janvier 2015 après la déchéance de la Russe Yuliya Zaripova pour dopage). Habiba Ghribi, aux performances constantes et qui évolue selon une courbe ascendante depuis plusieurs années, promet d’être époustouflante à Rio.
La grande favorite des JO a réalisé sa meilleure performance sur la distance cette année à Bruxelles, avec 9 min 5 sec et 36 centièmes, meilleure performance mondiale de l’année et record d’Afrique. Elle a, selon la presse sportive spécialisée, «écrasé» ses adversaires, deux autres africaines, la Kényane Hyvin Jepkemoi (+ 5 secondes) et l’Éthiopienne Sofia Assefa (+ 7 secondes).
Pour la course «de longue durée», l’Afrique compte, dans la catégorie masculine, sur le Kenyan Eliud Kipchoge.
Médaillé d’argent sur 5 000 m aux Jeux de Pékin en 2008, le Kenyan s’aligne désormais sur les longues distances. Kipchoge a remporté le marathon de Londres en avril 2016 en réalisant la deuxième meilleure performance de tous les temps (2h03 et 5 sec).
Grand favori du Marathon olympique, il devra toutefois garder un oeil sur le tenant du titre, en l'occurrence, l'Ougandais Stephen Kiprotich, souffle la presse sportive.
En revanche, le coureur éthiopien Kenenisa Bekele, triple champion olympique sur 5.000m (2008) et 10.000m (2004 et 2008) et troisième du marathon de Londres d'avril dernier, ne fera pas partie de la course, n’ayant pas été sélectionné pas sa fédération.
Favorite chez les Dames, la Kenyane Jemina Sumgong, vainqueur du marathon de Londres 2016, malgré une chute, concentre tous les regards sur elle.
L'Ethiopienne Mare Dibaba, championne du monde en titre de la discipline, qui a réalisé une bonne saison jusqu'à présent, fait, elle aussi, figure de favorite.
Rappelons que l'Afrique a récolté depuis les Jeux d'été de Melbourne en 1956, quelques 286 médailles au total, dont 94 en or.