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15 Août 2018•Mise à jour: 16 Août 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Buazza
Un haut responsable tunisien s’est déclaré confiant en la capacité de la Turquie à surmonter les difficultés conjoncturelles actuelles du fait des mesures de rétorsion prises par Washington à l’encontre de certains produits turcs.
“La Turquie dispose d’un potentiel économique très important avec un volume d’exportations considérable et des relations de plus en plus diversifiées avec de nombreux pays des divers continents, des atouts qui devraient lui permettre de dépasser les difficultés conjoncturelles qu’elle traverse actuellement”, a fait valoir Ridha Saïdi, conseiller économique du chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, lors d’un entretien avec l’agence Anadolu.
Tout en se défendant de par les fonctions officielles qu’il occupe, de s’immiscer dans un différend qui oppose “deux pays avec lesquels la Tunisie entretient de bonnes relations”, Saïdi a noté que la Turquie et les Etats-Unis d’Amérique sont alliés au sein de l’OTAN et ont des échanges économiques non négligeables.
Il prévoit, en outre, qu' Ankara et Washington finiront par trouver une issue à cette crise grâce au dialogue. “Il y a va de leur intérêt réciproque”, a-t-il estimé.
Les mesures hostiles prises par Washington trouvent leur prétexte dans le refus d’Ankara de libérer le pasteur américain Andrew Brunson. Ce dernier, actuellement en résidence surveillée, fait face à des accusations de terrorisme en Turquie.
Vendredi dernier, le président américain, Donald Trump, avait doublé les taxes douanières appliquées sur les importations d’aluminium et d’acier, en provenance de Turquie, les établissant, respectivement, à 20% et à 50%. Ces mesures ont engendré une chute de la valeur de lire turque.
Washington avait également imposé des sanctions aux ministres turcs de l'Intérieur, Suleyman Soylu, et de la Justice, Abdulhamit Gul, accusés de ne pas avoir libéré le pasteur américain.
Dénonçant des manipulations économiques visant son pays, le président turc Recep Tayyip Erdogan a regretté les positions hostiles provenant d'un pays allié (de l’OTAN) comme les États-Unis, soulignant qu’elles n’ont “aucune raison logique”.
Il a assuré lundi dernier que son pays ne cédera pas aux menaces et qu’il est prêt à toutes les éventualités économiques. Il a mis en exergue la robustesse de l'économie turque, assurant que "les dynamiques économiques de la Turquie sont solides et continueront de l'être".
Lors d’un point de presse animé mardi avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a, de son côté, noté que cette crise n’apportera que du chaos dans les relations turco-américaines.
Il a cependant rappelé que l'ambassadeur de Turquie aux États-Unis, Serdar Kilic s'est entretenu avec le Conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, à la demande de la Maison Blanche.
Notant qu'il y a des groupes aux États-Unis qui veulent résoudre les problèmes, Cavusoglu a dit: «Nous avons discuté de plusieurs sujets déjà. Des feuilles de route et des plans d'action ont été adoptés. Notre ambassadeur a transmis un message très clair. C'est que 'les sanctions, les menaces et la pression américaines ne provoqueront que du chaos dans nos relations, et les États-Unis pourront développer des relations avec la Turquie via le dialogue, s'ils renoncent au discours menaçant et aux sanctions'».