Nadia Chahed
16 Février 2017•Mise à jour: 16 Février 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Le dialogue inter-Burundais a repris, jeudi, à Arusha en Tanzanie en l’absence du gouvernement, a appris Anadolu auprès de sources sur place.
L’assainissement du climat politique, le retour des réfugiés, la relance de l’économie burundaise, les relations diplomatiques ainsi que les sanctions qui pèsent sur Bujumbura, constituent les principaux points qui seront soulevés à l'occasion de ces pourparlers, a indiqué à la presse, le facilitateur, William Benjamin Mkapa.
S'agissant de l'absence des autorités à ce nouveau round de pourparlers, le facilitateur s'est dit "serein".
S'exprimant devant les journalistes à l'issue d'une entrevue avec les deux anciens présidents burundais, Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye, Mkapa a assuré qu'une délégation du parti au pouvoir était en route pour Arusha et que c'était "le plus important", dans la mesure où ce sont "les partis politiques qui peuvent aider à retrouver la paix".
Evariste Ndayishimiye, secrétaire général du parti au pouvoir a pris l’avion vers Arusha, jeudi peu avant midi, a appris Anadolu auprès d'une source aéroportuaire.
La facilitateur a, par ailleurs, indiqué ne pas avoir invité le gouvernement. Celui-ci avait pourtant assuré mercredi, dans un communiqué, avoir bien été invité et décidé de ne pas prendre part à ces assises.
Bujumbura reproche au facilitateur d'avoir invité des “acteurs violents, des putschistes objets de mandats d’arrêt internationaux et qui doivent être arrêtés”. Bujumbura fait référence à certains membres du Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et la Restauration de l’Etat de Droit (Cnared-opposition radicale).
Une vingtaine d'associations et partis pro-Bujumbura avaient exhorté, mercredi, les autorités à ne pas participer à ce dialogue.
De son côté, le Cnared a annoncé mercredi en fin de journée qu'il allait finalement prendre part aux assises d'Arusha (16-18 février).
Plusieurs opposants dont Léonce Ngendakumana, vice-président du parti Sahwanya Frodebu, Jean Minani président du Cnared, Évariste Ngayimpenda et Tatien Sibomana, tous du parti Union pour le Progrès national (Uprona-aile non officielle) sont déjà à Arusha a appris Anadolu auprès de sources sur place.
Le Burundi a sombré, depuis près de deux ans, dans une grave crise politico-sécuritaire, née du refus d'une grande partie de la sphère politique de la candidature jugée «anticonstitutionnelle» du président Pierre Nkurunziza.
Les violences déclenchées depuis avril 2015 ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 332 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 décembre 2016.