Hatem Kattou
04 Août 2017•Mise à jour: 05 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Quelque 251 personnes, dont 62 enfants, ont été victimes d'exécutions sommaires entre mars et juin dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) ravagé par des violences meurtrières depuis une année, a révélé l'ONU dans un rapport publié vendredi à Genève.
Le rapport de l'ONU contient les conclusions d'une mission d'enquête du Haut-commissariat des droits de l'Homme de l'ONU sur les massacres dans la région du Kasaï où des violences impliquant les forces de sécurité congolaises aux partisans d’un chef traditionnel influent abattu par la police, le 12 aout 2016, ont déjà fait plus de 3 300 en l'espace de quelques mois, selon l’Eglise catholique.
Ces exécutions ont été commises entre le 12 mars et le 19 juin, précise le Haut-commissariat dans son rapport, ajoutant que sa Mission en RDC, le bureau
conjoint de l’ONU aux droits de l’homme (BCNDUH) a également recensé "au moins 80 charniers dans la région".
D'après le Haut commissariat aux droits de l’homme, ces exécutions ont été soit "extrajudiciaires" et commises par des agents de l'Etat, soit commises par des milices de tout bord ou des rebelles.
Le rapport se fonde sur des entretiens menés par les enquêteurs onusiens dans le Nord de l’Angola, avec 96 personnes qui ont fui les violences en cours dans le Kasaï.
"Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus, et leur propre fuite, terrorisés", a déclaré le Haut-commissaire aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad al Hussein cité dans le communiqué sanctionnant le rapport.
Et d’ajouter : "ces bains de sang sont d'autant plus terrifiants qu'il sembleraient que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur
appartenance ethnique".
Le Haut-commissaire a, en outre, lancé un avertissement qu’il a jugé "très sérieux " à Kinshasa et a appelé "à agir sans délai pour empêcher que cette violence ne bascule dans un processus de purification ethnique à plus grande échelle".
En juin dernier, au terme de la 35e session des droits de l’homme de l’ONU à Genève al Hussein avait déjà accusé Kinshasa d'armer une milice appelé
"Bana Mura" qui menait selon lui "d'horribles attaques" contre des civils dans le Kasaï.
De son côté, Kinshasa a formellement nié l'implication des autorités congolaises dans l'armement de la milice estimant que ces déclarations n'avaient pour objectif que de "déstabiliser la RDC", selon les propos du porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, joint par Anadolu.
Le gouvernement congolais n'a pas encore commenté la publication de ce nouveau rapport.