Lassaad Ben Ahmed
08 Novembre 2018•Mise à jour: 08 Novembre 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des opérations de maintien de la paix Jean-Pierre Lacroix a appelé, jeudi, à un engagement "régional" pour "neutraliser" les rebelles ougandais des forces démocratiques alliés, auteurs présumés d'un grand nombre de massacres à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Lacroix s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointement animée, jeudi à Kinshasa, avec le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Il faut un engagement régional contre ADF" à Beni, sinon "les chances" d'en découdre sont "très faibles" a déclaré à Kinshasa Jean -Pierre Lacroix.
Les deux responsables étaient en mission, depuis lundi en RDC, pour évaluer la riposte contre la dixième épidémie d'Ebola qui s’est déclarée depuis début août dernier.
Le responsble onusien a affirmé que l'organisation n'excluait pas la possibilité de négocier avec les groupes armés pour restaurer la paix dans l'est de la RDC, après plus de deux décennies de conflit armé.
"Dans toute confrontation, il faut avoir l’esprit ouvert. Il ya une palette de possibilité. Si un dialogue est possible, pourquoi pas ? Il est moins douloureux que la confrontation. Il faut garder l’esprit ouvert et envisager toutes les possibilités", a soutenu Lacroix.
Pour sa part, le DG de l'OMS a fait état de "signaux positifs" dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit dans les provinces du Nord - Kivu et de l'Ituri, et qui a déjà fait 191 morts, selon un dernier bilan.
"Ce qui me rassure, quand je vais sur-place, c’est que je ne vois pas la peur parmi la population. Et il y a un engagement fort de la part du Gouvernement. Nous avons un bon appui des bailleurs de fonds. Nous avons les vaccins, les traitements et le matériel nécessaires pour endiguer la maladie à virus Ebola", a déclaré Adhanom.
"Nous avons su stopper la propagation de l'épidémie dans plusieurs localités de la région, nous apercevons l'espoir dans le cadre de cette riposte. Mais un seul nouveau cas peut créer une autre situation difficile", a-t-il ajouté, affirmant que cette épidémie, "ne sera pas un obstacle pour les élections" prévues le 23 décembre prochain.
Avant de quitter le sol congolais, jeudi soir, les deux responsables onusiens prévoient de rencontrer le président sortant Joseph Kabila.
Mardi, ils avaient rencontré, notamment, plusieurs autorités congolaises, dont le premier ministre Bruni Tshibala, avant de se rendre dans le territoire de Beni (est) fief de l'ADF et actuel épicentre de l'épidémie mortelle Ebola.