Nadia Chahed
19 Avril 2017•Mise à jour: 19 Avril 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les seize agents de la mission onusienne en RDC (Monusco), tenus en otage par des rebelles sud-soudanais cantonnés dans l'Est congolais, ont été libérés, mardi soir, a annoncé mercredi le directeur de l'information publique au sein de la Monusco, Charles Bambara.
S'exprimant en conférence de presse à Kinshasa, Bambara a indiqué que la libération des otages, qui travaillent tous dans la base de la Monusco à Munigi (Est) a succédé à des négociations avec les rebelles sud-soudanis sans qu'aucun compromis n'ait été conclu avec ces derniers.
Ces agents étaient tenus en otage depuis mardi matin par une centaine de rebelles sud-soudanais cantonnés dans le camp de Munigi au Nord de la ville de Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), avait indiqué mardi à Anadolu Daniel Ruiz chef du bureau de la Monusco dans le Nord-Kivu.
Les rebelles exigeaient d'être transférés du camp de cantonnement vers un pays d’asile de leur choix, parmi le Kenya, l’Ouganda et l’Ethiopie, tous frontaliers avec le Soudan du Sud, avait précisé la même source.
S'exprimant sous couvert d'anonymat, un responsable sud-soudanais joint par Anadolu à Kinshasa a déclaré qu’il ne sera pas question pour un tiers pays voisin d’accorder l’asile aux hommes de Riek Machar dans car « ils (les rebelles de Riek Machar) entendent toujours poursuivre des activités rebelles au soudan du Sud », a-t-il ajouté.
Vendredi dernier, huit combattants du mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) de l’ancien vice-président Riek Machar, avaient été rapatriés vers le Soudan du Sud après des pourparlers entre Kinshasa et Juba.
Ces huit rebelles faisaient partie d’un total de 530 rebelles relevant de l’opposition sud-soudanaise cantonnés depuis septembre dernier par la Mission onusienne en RDC (Monusco) dans le camp de Munigi au Nord de la ville de Goma.
La présence de ces rebelles sud-soudanais nourrit une vive inquiétude chez la société civile dans la province du Nord-Kivu où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés nationaux et étrangers depuis plus de deux décennies.
La société civile craint l'éclatement d’une nouvelle rébellion étrangère sur le sol congolais, telle celle des forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
Depuis fin 2015, des affrontements entre les forces du président Salva Kiir et les unités fidèles au chef des rebelles et ex-vice-président Riek Machar ont fait plusieurs morts et provoqué le départ de pas moins de 60 171 Sud-Soudanais dans le Nord-est de la RDC.