Nadia Chahed
28 Septembre 2019•Mise à jour: 28 Septembre 2019
AA/Tunis
Les deux experts de l'ONU assassinés en mars 2017 dans la province du Kasaï ( centre de la RDC) "ont été appâtés", a répété à plusieurs reprises le ministère public lors de l’audience des présumés meurtriers, tenue vendredi devant la cour militaire de l’ex-Kasaï-Occidental, a rapporté samedi la radio onusienne en RDC, radio Okapi.
Le ministère public commentait une conversation entre les deux experts Zaida Catalan et Michael Sharp et le colonel Mambweni en mars 2017.
Au cours de cette rencontre, l’officier leur parle d’un camp d’entraînement entretenu par un chef milicien dénommé Mohamed près de la localité de Ngombe. Pour le ministère public, il s’agissait d’un appât, rapporte la même source.
La conversation entre le colonel Mambweni, Zaida Catalan et Michael Sharp a été enregistrée par l’un des deux experts. Elle a lieu au domicile de l’officier le 10 mars 2017, deux jours avant l’exécution des experts de l’ONU. L’enregistrement est diffusé au cours de l’audience., précise encore la radio onusienne.
Pendant la conversation, le colonel parle aux experts d’un chef milicien dénommé Mohamed, qui a un camp d’entraînement des miliciens.
Pour le ministère public, il s’agit plutôt d’un appât pour orienter les deux experts vers une destination bien déterminée.
Les avocats du colonel Mambweni font plutôt prévaloir que les experts n’ont pas clairement dit au cours de leur conversation leur intention de voyager.
Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts de Nations-Unies, avaient été portées disparus le 12 mars 2017, alors qu’ils enquêtaient sur les exactions qui avaient éclatées dans cette région vers août 2016, à la suite d’une insurrection d’un chef traditionnel contre le pouvoir central.
Le 27 mars de la même année, les corps de deux experts avaient été retrouvés près du lieu où ils avaient perdu contact avec leurs collègues et leurs familles.