RDC : la cheffe de la MONUSCO préoccupée par les appels à la violence dans l'est
Kinshasa
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU en République démocratique du Congo et Cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a exprimé, mercredi, sa préoccupation face aux appels à la violence et à la haine qui se multiplient, dans les zones de Beni, Butembo et Lubero, contre les humanitaires et les casques bleus dans l’est du pays.
« Les Nations Unies sont attachées à la liberté d’expression, d’opinion et de manifestation pacifique et rappellent que ces dernières peuvent s’exercer de façon légitime hors de tout appel à la violence contre des individus ou des organisations », a déclaré Bintou Keita dans un communiqué lu par son porte-parole, Mathias Gilman lors d’une conférence de presse à Kinshasa.
La MONUSCO est « consciente des difficultés extrêmes auxquelles fait face la population dans le contexte d’une recrudescence des attaques contre les civils, notamment par les ADF », a-t-elle ajouté.
La Mission est « mobilisée auprès de ses partenaires congolais pour soutenir les efforts de protection des populations civiles exposées à cette violence et continuer d’accompagner la restauration de l’autorité de l’Etat dans ces zones, en particulier les efforts des Forces armées et de la Police nationale », a encore ajouté Bintou Keita.
Les villes de Beni et Butembo dans la province du Nord-Kivu frontalière de l’Ouganda ont été paralysées par un mouvement de grève générale, à l’appel des groupes de pression et mouvements citoyens, pour protester contre les massacres des civils par les combattants présumés du groupe armé d’origine ougandaise Forces démocratiques alliés (ADF).
Les protestataires réclamaient le départ des casques bleus de l’ONU accusés de complaisance face aux tueries.
Forte de plus de 16 000 Casques bleus, la MONUSCO est déployée en RDC depuis 22 ans, avec pour défi principal, d'aider les troupes gouvernementales à éliminer la centaine de groupes armés. Le plus sanglant est l’ADF dont les combattants s’attaquent aux civils depuis 2014, faisant des milliers de morts.
Sans revendication officielle, ni hiérarchie connue, l’ADF a été déclaré en mars dernier, « mouvement terroriste affilié à Daesh » par les Etats-Unis.
Des organisations de la société civile et les autorités notent avec inquiétude une expansion des tueries attribuées aux ADF vers le secteur de Rwenzori et une partie de la province voisine de l'Ituri, des zones jadis calmes.
Les experts de l'ONU ont affirmé au Conseil de sécurité que les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles.
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