Lassaad Ben Ahmed
28 Janvier 2020•Mise à jour: 28 Janvier 2020
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, s'est dite préoccupée , lundi soir, par la "gravité" des violations des droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC) où elle a bouclé une visite de 5 jours par un tête-à-tête avec le président Félix Tshisekedi.
Rien n'a filtré de ses échanges avec le président Tshisekedi. Mais elle a fait état, dans une déclaration à une radio de la place, d'une légère baisse du nombre des violations.
"Dans l’ensemble, il y a une réduction de 3% du nombre des violations des droits de l’homme vérifiées. Cependant, le nombre et la gravité demeurent préoccupants pour la population", a déclaré Bachelet, invitée de la radio onusienne (Okapi) en RDC.
La responsable a fulminé contre les Forces armées de la RDC (FARDC) qui sont "responsables du plus grand nombre de violations vérifiées", ce qui démontre, selon elle, "qu’au-delà de leur limitation dans la protection des civils, elles ont un rôle actif en tant qu’auteurs".
"Le fait que les acteurs étatiques soient responsables de la majorité de ces violations, à hauteur de 54%, m’inquiète particulièrement. Ils ont commis moins de violations, mais ont toujours la plus grande responsabilité", a t-elle ajouté.
Elle a appelé le Gouvernement à mener "des actions décisives pour mettre fin" aux exactions commises par les forces de sécurité et les forces armées.
Bachelet a salué une "légère baisse" de 3 % des violations des droits de l'homme, mais s'est inquiétée face à la "hausse d’activité des groupes armés" et des violences sexuelles.
Depuis l'avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir, elle a dit avoir constaté une baisse de "26 % du nombre violations des droits fondamentaux de libertés, telle que l’ouverture de l’espace démocratique, le droit à la manifestation, à la liberté de la presse, la libération de prisonniers politiques".
"Les manifestations doivent continuer d’être libres et sans répression", a-t-elle insisté.
A l'invitation du gouvernement congolais, Bachelet a entamé sa visite de 5 jours le 23 janvier et l'a terminée le 28 du même mois.
Bachelet avait entamé sa visite par la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays où son bureau a récemment pointé de possibles crimes contre l’humanité, voire de génocide.
Depuis décembre 2017, au moins 701 personnes ont été tuées dans une série d'attaques ciblant en majorité la communauté Hema.
A Kinshasa, elle a rencontré notamment le Premier ministre Sylvestre Ilunga et la Présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, pour discuter des questions sécuritaires, de la justice, des violences sexuelles et d'un éventuel appui de l’ONU.