Esma Ben Said
17 Janvier 2018•Mise à jour: 17 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Trois agences de l'ONU ont lancé mercredi un appel urgent pour "sauver des vies" dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) où 400 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère risquent de mourir.
Il s'agit de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM).
"Le gouvernement congolais et la communauté internationale doivent se réengager sur tous les fronts pour prévenir une famine majeure au Kasaï. Ne pas le faire, immédiatement et collectivement, signifie que beaucoup vont mourir", a déclaré dans un communiqué conjoint Claude Jibidar, Représentant du PAM en RDC.
Dans la région du Kasaï, des violences déclenchées depuis Aout 2016 après la mort d’un influent chef tribal opposé au régime de Kabila ont fait pas moins de 5 000 morts selon l’ONU et ont fait fuir 1.4 million de personnes.
"Le temps presse pour sauver des centaines de milliers de vies", ont averti les trois agences.
"Les agriculteurs qui ont fui leurs villages à cause du conflit ont raté trois saisons agricoles successives. Cela a laissé les gens avec presque rien à manger. L'aide alimentaire ne parvient pas à combler le vide", ajoutent-elles.
Dans cette région classée parmi les plus pauvres du pays, seulement 400 000 des 3,2 millions de personnes souffrant d'insécurité alimentaire grave au Kasaï ont reçu une aide en décembre dernier, selon les trois agences, qui se plaignent de l’insuffisance des ressources au vu de l'ampleur de la souffrance humaine.
L'ONU et ses partenaires "courent contre la montre" pour nourrir la population du Kasaï, en combattant la malnutrition parmi les enfants et renforcer la résilience.
Mais les obstacles se dressent contre eux : "infrastructures limitées, sécurité médiocre et moyens financiers insuffisants", dégaine le communiqué.
Face à cette crise, l'ONU demande 1,37 milliard d'euros pour ses opérations humanitaires en RDC cette année, a déclaré lors d’une conférence de presse mercredi à Genève, Jean-Philippe Chauzy, représentant de l'agence de l'ONU pour les
migrants (OIM) au Congo-Kinshasa.
"Si nous n'obtenons pas un tel niveau de financement, des gens vont mourir. Je veux être clair à ce sujet", a-t- il dit, indiquant que la situation humanitaire dans ce pays a atteint un "point de rupture".