Fatma Bendhaou
30 Octobre 2020•Mise à jour: 30 Octobre 2020
AA/ Kinshasa / Pascal Mulegwa
Au moins 208 civils ont été tués en septembre dernier en République démocratique du Congo ( RDC) où le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les droits de l'homme ( BCNDUH) déplore, dans un rapport, la hausse du nombre de violations attribuées aux agents de l’ordre.
Durant le mois de septembre 2020, « le BCNDUH a signalé 726 violations des droits de l’homme sur tout le territoire de la République démocratique du Congo, soit une augmentation de près de 9% par rapport au mois d’août (669 violations) », selon un communiqué accompagnant le rapport onusien.
Près de 88% des violations documentées ont été commises dans les provinces de l’Est affectées par les conflits (640 violations) et ont entraîné la mort d’au moins 202 civils, dont 51 femmes et 13 enfants, ajoute la même source.
« Nous sommes favorables à ce que les auteurs de ces graves violations rendent compte devant les juridictions compétentes de notre pays » a déclaré à l'agence Anadolu, le ministre congolais des Droits humains, André Lite.
Les forces de sécurité sont responsables des « exécutions extrajudiciaires » d’au moins 42 personnes, dont six femmes et trois enfants ; tandis que les groupes armés sont « auteurs des exécutions sommaires » d’au moins 166 personnes, dont 45 femmes et 10 enfants, note le rapport.
A l’instar du mois précédent, les combattants des groupes armés sont les principaux responsables des violations commises dans ces provinces (54%) affectées par les conflits armés.
« La plupart des violations ont été enregistrées dans la province du Nord-Kivu (371 violations, soit 58% des violations commises dans ces provinces), suivie de l’Ituri (97 violations), du Sud-Kivu (59 violations) et du Tanganyika (52 violations) », ajoute-t-on.
L'ONU fait état dans le même rapport de cas de "décès en détention", affirmant qu'au moins 18 détenus de sexe masculin ont péri de maladie ou de malnutrition dans des maisons d’arrêt ou dans des cachots de la police, en septembre dernier à travers le pays.
Les conditions de détention, le manque de ressources pour subvenir aux besoins alimentaires et de santé des détenus continuent d’être les raisons principales avancées par les autorités pour justifier ces décès.
Dans ces conditions déplorables, 59 personnes, dont deux femmes, se sont évadées de prison dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Sud-Kivu (32) et de l’Ituri (25), selon le BCNDUH.