Safwene Grira
25 Octobre 2016•Mise à jour: 26 Octobre 2016
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
Des violences liées à une mobilisation hostile à la Mission de l'ONU en Centrafrique, Minusca, ont fait 4 morts et 14 blessés dans la capitale Bangui, a appris Anadolu mardi de source officielle.
Ces incidents sont intervenus à l'occasion du démantèlement, lundi par la force de l'ONU, de barricades érigées dans certains quartiers de la capitale. Des affrontements avec des activistes ont alors entraîné la mort de 4 civils, renseigne un communiqué de la Minusca qui recense 5 Casques bleus parmi les blessés.
Une journée ville morte avait été largement observée, lundi dans la capitale centrafricaine, à l'appel de la société civile pour protester contre le "laxisme" de la Mission de l'ONU devant les récents massacres qui ont ébranlé les populations.
L'opération ville morte, dénoncée par le gouvernement, intervenait une semaine après le lancement d'une pétition exigeant des Nations unies le départ de sa mission en Centrafrique.
"Nous avons déjà recueilli 30 000 signatures (..) Nous entendons continuer à [le faire] pour pouvoir saisir le Conseil de sécurité des Nations unies et lui demander le départ de la Minusca", avait assuré dans une déclaration à Anadolu, Gervais Lakosso, coordonnateur du Groupe de travail de la société civile centrafricaine.
La Centrafrique a connu un regain de violences depuis quelques semaines dans les villes de Kaga Bandoro et de Ngakobo (Centre). Des dizaines de morts ont alors été enregistrés, ainsi que des centaines de blessés dans ces violences à dimension politique et communautaire.
La Minusca qui a qualifié, dans son communiqué, l'opération ville morte de "tentative pour perturber le retour à la normalité constitutionnelle", avait procédé, à l'occasion des violences des dernières semaines, à la neutralisation d'un certain nombre d'assaillants pour protéger les civils.
La paix reste encore fragile en Centrafrique, un pays que le coup d'Etat de mars 2013, mené par le groupe politico-militaire Seleka contre le régime de François Bozizé, a fait basculer dans un conflit inter-communautaire qui a fait quelques milliers de morts, selon l'ONU.
Les récentes élections générales (décembre 2015-mars 2016), ont certes doté la Centrafrique de nouvelles institutions et contribué à un retour relatif au calme. Elles n'ont pas pu empêcher, toutefois, la résurgence d'affrontements sporadiques, notamment dans le Nord et le Centre du pays.