Safwene Grira
24 Octobre 2016•Mise à jour: 31 Octobre 2016
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
Une journée ville morte a été observée, lundi dans la capitale centrafricaine Bangui, à l'appel de la société civile pour protester contre le "laxisme" de la Mission de l'ONU dans ce pays, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Les activités étaient paralysées dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, lundi à la mi-journée. La plupart des boutiques étaient restées fermées, alors que les transports ont déserté les artères. Des barricades étaient, en outre, visibles sur les voies publiques dans les 5ème et 6ème arrondissements de la capitale.
"Je vous invite tous, Centrafricaines et Centrafricains, à vaquer à vos occupations. Ne cédez pas aux agissements d’une certaine société civile manipulée par des hommes politique", avait pourtant mis en garde, dimanche soir, le Premier ministre Simplice Mathieu, dans un message radio-diffusé.
L'opération ville morte intervient une semaine après le lancement d'une pétition exigeant des Nations unies le départ de sa mission en Centrafrique, la Minusca.
"Nous avons déjà recueilli 30 000 signatures exigeant le départ de la Minusca. Nous entendons continuer à recueillir des signatures pour pouvoir saisir le Conseil de sécurité des Nations unies aux fins de lui demander le départ de la Minusca", a assuré dans une déclaration à Anadolu Gervais Lakosso, coordonnateur du Groupe de travail de la société civile centrafricaine.
Selon ce responsable, la société civile centrafricaine reproche à la Minusca son "laxisme" et sa "passivité" devant les récents massacres des populations.
La Centrafrique a connu un regain de violences depuis quelques semaines dans les villes de Kaga Bandoro et de Ngakobo (Centre). Des dizaines de morts ont alors été enregistrés, ainsi que des centaines de blessés dans ces violences à dimension politique et communautaire.
La Minusca qui n'a pas réagi aux accusations de la société civile, avait annoncé, à l'occasion de ces violences, avoir neutralisé un certain nombre d'assaillants et protégé des civils.
Selon Gervais Lakosso, le groupe de travail de la société civile cherche également à travers ces manifestations à "demander au gouvernement centrafricain de définir une nouvelle stratégie efficace pour protéger la population civile et restaurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire".
La paix reste encore fragile en Centrafrique, un pays que le coup d'Etat de mars 2013, mené par les Seleka contre le régime de François Bozizé, a fait basculer dans un conflit inter-communautaire qui a fait quelques milliers de morts, selon l'ONU.
Les récentes élections générales (décembre 2015-mars 2016), ont certes doté la Centrafrique de nouvelles institutions et contribué à un retour relatif au calme. Elles n'ont pas pu empêcher, toutefois, la résurgence d'affrontements sporadiques, notamment dans le Nord et le Centre du pays.