Nadia Chahed
06 Juin 2017•Mise à jour: 06 Juin 2017
AA/Casablanca/ Mohammed Taleb
Invités à informer les députés sur la fronde qui secoue depuis près de sept mois la région du Rif, les ministres de l’Intérieur et de la Justice marocains, Abdelouafi Laftit et Mohamed Aujjar, ont répondu ce mardi 6 juin aux questions des représentants à la première chambre marocaine.
Le ministre de l’Intérieur est resté attaché à son discours « complotiste » en s’interrogeant sur les raisons de la persistance de mouvements de protestations en dépit des réponses du gouvernement aux revendications de la population, a rapporté le site d’information arabophone Lakome2.ma.
A travers le dénigrement des efforts interactifs du gouvernement, notamment, le programme de développement intégré et multidimensionnel « Al Hoceïma, Manarat Al Moutawassit » (Al Hoceima, ville phare de la Méditerranée), doté d’une enveloppe de 6,5 milliards de dirhams (700 millions de dollars environ) certaines parties visent à pousser le dialogue ouvert par l’Exécutif vers l’impasse, selon la même source.
Car, affirme le ministre, le plan de développement « Al Hoceima, ville phare de la Méditerranée », qui bloque depuis son lancement en octobre 2015 par le roi Mohammed VI faut-il le rappeler, « répond en compagnie des autres programmes provinciaux à 90% des revendications socio-économiques exprimées par la population de la région ».
Le ministre a également défendu son approche sur le plan sécuritaire. Justifiant les « interventions musclées » et les arrestations des meneurs du « Hirak », il a estimé que « le gouvernement n’avait pas autre choix que d’intervenir pour faire respecter la loi ».
Selon lui, « aucune arrestation n'avait eu lieu depuis le début du mouvement contestataire en octobre dernier jusqu’à l’interruption du prêche du vendredi 26 », a-t-il dit faisant allusion à l’intervention du leader du Hirak, Nasser Zefzafi, contre un imam qui critiqué le mouvement de contestation et le traiter de « Fitna » (discorde).
Pour M. Laftit « toutes les arrestations ont été faites dans la transparence et le respect de la présomption d’innocence et il n’y a eu aucune entrave devant les médias qui ont couvert les plus de 800 manifestations qui ont eu lieu dans la région depuis octobre dernier.
Dans la même veine, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, a indiqué dans sa réponse, dont Anadolu détient une copie, que « les autorités publiques ont respecté depuis le début des contestations, ce droit des citoyens sans aucun usage de la force pour la dispersion des protestataires ».« Ce qui atteste, ajoute le ministre, d’une politique pénale flexible et caractérisée par beaucoup de souplesse ».
D’après cet ancien représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, 87 personnes ont été interpellées à ce jour par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ).
L’ancien ministre des droits de l’homme a indiqué dans ce sens que « les enquêtes en cours sont supervisées par le parquet de Casablanca (...) et que toutes les garanties légales ont été accordées aux suspects : contacts avec les familles et avocats et examens médicaux pour les personnes qui se plaignent de maltraitance ».
«Trois inculpés ont bénéficié d’une liberté provisoire, soit pour passer les examens du bac ou pour maladie grave », a-t-il enfin précisé.