Nadia Chahed
09 Janvier 2021•Mise à jour: 10 Janvier 2021
AA/Tunis
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a dénoncé la répression croissante des figures de l’opposition par le gouvernement en Ouganda, a rapporté l'ONU sur son site.
Peu avant les élections présidentielle et parlementaires du 14 janvier, les rapports sur les violations des droits de l’homme dans ce pays d’Afrique de l’Est ont augmenté, a déclaré, vendredi, la porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, précise l'ONU.
Les services de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, s’inquiètent notamment des restrictions de l’espace démocratique, qui se sont multipliées depuis le début de la campagne électorale en novembre 2020. Et parfois, Kampala a abusé des mesures visant à contenir la pandémie de Covid-19 pour faire taire les voix dissidentes, indique la même source.
« Ces développements font craindre que les mesures anti Covid-19 soient utilisées comme motif pour restreindre les libertés publiques et la participation politique pendant le processus électoral », a noté Shamdasani lors d’un point de presse à Genève.
L’ONU s’inquiète notamment du fait que l’application discriminatoire de certaines « restrictions a entraîné des violences, des arrestations et des détentions arbitraires et, dans certains cas, des rapports de torture et de mauvais traitements par les forces de sécurité ».
Selon l’ONU, la période de campagne électorale a été marquée par un usage excessif de la force par les forces de l’ordre, qui a entraîné des meurtres et des blessures parmi les civils. Entre le 18 et le 20 novembre, au moins 54 personnes ont été tuées lors d’émeutes et de manifestations dans au moins sept districts du pays, à la suite de l’arrestation et la détention de deux candidats à la présidence de l’opposition, Robert Kyagulanyi, également connu sous le nom de Bobi Wine, et Patrick Oboi Amuriat, ainsi que de membres de l’opposition politique, précise l'ONU.
Plusieurs incidents de harcèlement visant les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques se sont produits depuis le début des campagnes électorales. « Le harcèlement, les mauvais traitements, les arrestations et les détentions arbitraires des candidats et des partisans de l’opposition ont constitué une évolution inquiétante pendant la campagne électorale », a noté Shamdasani.
Face à toutes ces restrictions, le HCDH invite les autorités ougandaises à protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.