Lassaad Ben Ahmed
19 Février 2018•Mise à jour: 19 Février 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Pour la deuxième journée consécutive, des centaines de personnes ont participé, dimanche, à un rassemblement à Tunis pour revendiquer l’adoption du projet de loi soumis au parlement depuis 2015 destiné à «criminaliser la normalisation avec l’entité sioniste» (Israël).
Répondant à l’appel de plusieurs partis de l’opposition de gauche et d’organisations non gouvernementales, les manifestants qui, brandissant des drapeaux tunisiens et palestiniens et des banderoles proclamant leur soutien à la cause palestinienne, scandaient des slogans hostiles à Israël et dénonçant la décision du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.
«Le peuple veut la criminalisation de la normalisation», «résistance de la Tunisie jusqu’à la Palestine», «A bas Trump», scandaient hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, présents sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de la capitale tunisienne.
Olfa Tabbel, membre de «la coordination nationale pour la criminalisation de la normalisation», a, dans une déclaration à la presse, dénoncé le report continu depuis 2015, d’une motion déposée, à cet effet, par le Front populaire et signée par 98 députés, en stigmatisant sans les nommer, les parties qui en sont la cause, en allusion aux partis au pouvoir.
«Nous allons malgré tout, mener une campagne visant à collecter 1 million de signatures en faveur d’une pétition dans le but de faire pression sur l’Assemblée des représentants du peuple (parlement) et sur le gouvernement pour l’adoption du projet de loi en instance», a-t-elle annoncé.
De son côté, Rabii Jabbar, de «l’association de la jeunesse arabe», s’en est pris aux régimes arabes qu’il a accusés de «soumission» à Washington.
«Nous allons œuvrer pour une mobilisation populaire incessante afin de faire aboutir le projet de loi maintes fois reporté et nous n’hésiterons pas à publier une liste nominative des députés qui voteront contre le texte de loi», a-t-il martelé.