Lassaad Ben Ahmed
30 Juin 2020•Mise à jour: 30 Juin 2020
AA / Niamey / Kané Illa
L’opposition nigérienne a exigé, lundi, la démission des membres de la Cour constitutionnelle et la dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) comme garanties à la bonne tenue des élections en décembre prochain.
"L’opposition politique exige la démission pure et simple des membres de la Cour constitutionnelle, la reprise du Code électoral sur une base consensuelle et la dissolution de la CENI, non consensuelle", ont affirmé les quatre fronts de l’opposition dans une déclaration.
Le Front pour la démocratie et la République (FDRr), le Front de l’opposition indépendante (FOI), le Front patriotique (FP) et le Front pour la restauration de la République (FRDDR) ont indiqué qu’ils mèneront "toutes actions légales nécessaires quant à la tenue d’élections démocratiques, transparentes et sincères".
L’opposition accuse la Cour constitutionnelle de "faire le jeu du pouvoir", après son arrêt du 15 juin courant, autorisant l’abandon de l’enrôlement des Nigériens vivant à l’étranger dans le fichier électoral biométrique, en raison de la pandémie Covid-19.
Quant à la Commission électorale, l’opposition lui reproche d’être essentiellement composée de partisans du principal parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya).
Dans ce même contexte, les douze (12) syndicats de travailleurs ont demandé au gouvernement, via communiqué lundi, "de tout mettre en œuvre pour l’instauration d’un climat serein pour faire face à tous les défis afin d’aboutir à une alternance démocratique exemplaire".
Le Niger s’apprête à organiser de nouvelles élections. Le premier tour de la présidentielle et les législatives sont prévus au mois de décembre prochain.
Six (6) candidats ont déjà été choisis par leurs partis politiques pour prendre part à l’élection présidentielle.
Il s’agit de l’ancien président de la République Mahamane Ousmane, des anciens présidents de l’Assemblée nationale Hama Amadou et Seïni Oumarou, du ministre de l’Intérieur Bazoum Mohamed, de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ibrahim Yacoubou et de l’ancien chef de l’Etat Djibo Salou investi dimanche par sa formation politique dénommée «Parti pour la justice et le progrès (PJP Doubara)».
Agé de 55 ans, le général Djibo Salou est l’auteur du coup d’Etat militaire du 18 février 2010 qui a renversé l’ancien président Tandja Mamadou qui a décidé de rester au pouvoir à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel.
Arrivé au terme de son second et dernier mandat constitutionnel, le président sortant Issoufou Mahamadou a promis qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.