Nadia Chahed
02 Novembre 2018•Mise à jour: 02 Novembre 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
La Tunisie et l'Italie ont convenu d'oeuvrer ensemble pour renforcer la surveillance des frontières maritimes afin de réduire les flux migratoires et de lutter contre la traite des êtres humains, a déclaré Le Président Du Conseil Italien Giuseppe Conte à l'occasion de la visite de travail qu'il a effectuée vendredi à Tunis.
"L'Italie se félicite de la coopération de la Tunisie dans ce domaine, surtout en ce qui concerne le rapatriement des migrants qui arrivent dans la péninsule de manière irrégulière", a déclaré le chef de l'exécutif italien lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien Youssef Chahed avec qui il venait d'avoir des entretiens qui ont duré près de deux heures.
Depuis 2011, année du déclenchement de la révolution tunisienne, plus de 22.000 migrants irréguliers ont débarqué sur les côtes italienne.
En raison de la situation difficile que traverse la Tunisie sur les plans économique et social, les candidats à la migration ne désarment pas à la recherche de meilleures conditions de vie dans ce qui leur semble être "l'Eldorado" européen.
Giuseppe Conte dont c'est la première visite dans un pays maghrébin du sud de la méditerranée depuis sa prise de fonction en mai dernier, avait rencontré auparavant le président tunisien Béji Caïd Essebsi.
De son côté, le premier ministre tunisien a fait ressortir "les grands efforts que déploie la Tunisie pour faire face au phénomène de la migration irrégulière" saluant l'appui apporté par l'Italie à cet effet par la fourniture d'équipements et en matière de formation des forces de sécurité tunisiennes.
Il a noté que depuis janvier dernier, plus de 9.000 candidats à la migration clandestine ont été interpellées ainsi qu'un grand nombre de passeurs et 1.300 tentatives ont été avortées.
Il a cependant estimé que l'approche sécuritaire du problème ne suffit pas, plaidant pour des solutions qui englobent les aspects économique et sociaux.
Il a fait état de plusieurs accords financiers conclus entre les deux parties pour promouvoir les régions démunies de l'intérieur d'où proviennent la majorité des migrants. Il a notamment cité l'accord du gouvernement italien de convertir une nouvelle tranche de la dette tunisienne d'un montant de 25 millions d'euros en projets de développement et de l'ouverture d'une ligne de crédit de 50 millions d'euros et d'un don de sept million d'euros en faveur des PME agricoles et de l'économie sociale et solidaire destinés aux jeunes et à la femme.
Parmi les engagements du gouvernement italien, le premier ministre tunisien a énuméré également un prêt de 25 millions d'euros pour la promotion du secteur de l'éducation afin d'améliorer l'infrastructure et les services des établissements scolaires, ainsi que le financement d'un projet intégré dans le sud tunisien.
Les entretiens du président du conseil italien à Tunis ont également porté sur les préparatifs de la conférence prévue à Palerme les 12 et 13 novembre sur la Libye.
Selon Giuseppe Conte, l'objectif de cette conférence est de parvenir à "une stratégie inspirée du plan adopté par les Nations unies, à même d'instaurer la stabilité en Libye et de déboucher sur le règlement global de la crise dans ce pays qui prenne en compte les aspirations du peuple libyen".
Il a noté que "des partenaires stratégiques à l'échelle mondiale" participeront à la rencontre de Palerme, mettant l'accent sur "l'importance de la participation de la Tunisie", pays voisin de la Libye avec laquelle elle partage une frontière de plus de 400 kilomètres.