Fatma Bendhaou
20 Novembre 2020•Mise à jour: 20 Novembre 2020
AA/ Kané Illa
Trois membres du gouvernement malien de transition ont rencontré, jeudi, les partis politiques, ont rapporté des médias locaux.
"Il s'agit des ministres de la réconciliation nationale le colonel Ismaël Wagué, de celui de l'administration territoriale le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, et de celui de la refondation de l’Etat Mohamed Coulibaly", a rapporté le site d'information "aBamako.com".
Selon le média, les échanges entre les trois ministres et les responsables des partis politiques ont tourné autour des réformes juridiques et institutionnelles en vue des futures élections, ainsi que la polémique autour de la mise en place du Conseil national de transition (CNT), l'organe législatif de la transition.
Le ministre de l'administration a informé les participants de la mise en place prochaine de la "cellule d’appui aux questions électorales", précisant que les partis politiques ne vont pas y siéger, indique le média.
Quant au ministre de la refondation, il a annoncé le début de l'élaboration d'une nouvelle constitution pour le Mali. Estimant qu'il y a eu "des dérives à l'endroit de la démocratie malienne" du fait, entre autres « de la pléthore des partis politiques et des organisations de la société civile », le membre du gouvernement malien a plaidé pour "une relecture de la charte des partis et même à l’émergence d’une nouvelle société civile".
En réaction aux propos des membres du gouvernement, Tiemoko Sangaré de "l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) a regretté le "manque de dialogue" entre le gouvernement et les partis politiques pour la mise en place du CNT, demandant que les missions de la transition soient "clarifiées", notamment par rapport aux réformes juridiques et institutionnelles.
Alassane Aba de la "Convergence pour la démocratie au Mali (CODEM) a, pour sa part, demandé une implication dans la prise de "toutes les décisions majeures" engageant le Mali.
La rencontre entre les trois membres du gouvernement de transition et les partis politiques intervient dans un contexte marqué par un mécontentement généralisé au sein de la classe politique malienne à propos de mise en place du Conseil national de transition.
Accusant les Forces de défense et de sécurité de s'y être fortement représentées, plusieurs partis politiques et regroupements de partis ont déclaré qu'ils ne siégeront pas au sein de ce Conseil. C'est le cas par exemple des partis membres du Mouvement du 5 juin et Rassemblement des forces progressistes (M5-RFP) qui a conduit le mouvement populaire ayant abouti au coup d'État du 18 août dernier contre le régime de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keita.