Lassaad Ben Ahmed
11 Janvier 2021•Mise à jour: 12 Janvier 2021
AA/Dramane Traoré
La Fédération internationale pour les droits de l’Homme (FIDH) et l'Association malienne des droits de l'homme (AMDH) ont appelé, lundi, dans un communiqué, à l’ouverture d’une enquête indépendante, approfondie et impartiale afin d’établir ce qui s’est réellement passé le 3 janvier dernier, à Bounti, et d’établir les responsabilités.
"Seule une commission d’enquête ad hoc et indépendante peut aider à faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé à Bounti", a déclaré Me Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH, cité dans le communiqué.
Le 3 janvier dernier, des frappes aériennes ont causé plusieurs dizaines de morts dans le village de Bounti, relevant de la région de Mopti, dans le centre du Mali. Ces bombardements auraient également fait plusieurs blessés pris en charge par des organisations humanitaires.
"Selon des sources locales, plusieurs civils regroupés à l’occasion de cérémonies de mariage ont trouvé la mort dans les frappes aériennes d’avions non identifiés", rappellent les deux organisations de défense des droits de l’Homme.
Dans un communiqué en date du 5 janvier, les autorités françaises ont déclaré avoir frappé des dizaines de présumés terroristes dans la même région.
Le 7 janvier, le ministère malien de la Défense et des anciens combattants a affirmé que les frappes aériennes d’un "Mirage 2000 avaient touché un objectif militaire neutralisant une trentaine de membres d’un groupe terroriste ».
"Face à cette confusion et dans le but de lever toute ambiguïté, nos organisations exhortent les autorités maliennes et françaises à accepter la mise en place d’une commission d’enquête indépendante qui pourrait être placée sous l’égide la Division des droits de l’Homme et de la protection de la MINUSMA", indique le communiqué.
Depuis quelques années, le centre du Mali est en proie au terrorisme et à des violences intercommunautaires émaillées de graves violations du droit international, des droits humains et du droit international humanitaire.
"Suite à cet incident, nos organisations réitèrent leur demande aux autorités internationales et nationales de placer les droits et les besoins des personnes les plus vulnérables au cœur de leurs interventions afin que celles-ci renforcent les efforts vitaux déployés dans le pays en matière d’aide humanitaire, de développement, de gouvernance démocratique, de consolidation de la paix et de l’État de droit", a déclaré Me Moctar Mariko, président de l’AMDH.