Nadia Chahed
11 Septembre 2020•Mise à jour: 11 Septembre 2020
AA/Tunis
Le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a alerté vendredi sur la nécessité de protéger les éléphants du Gourma (centre du Mali), de la triple menace du braconnage, de la sécheresse et de la rareté des ressources.
La région de Gourma située dans la zone sahélienne du Mali, répartie entre les trois entités administratives de Tombouctou, Mopti et Gao est l'une des quatre régions avec la valeur la plus haute en terme de biodiversité dans le pays, précise le PNUD dans un communiqué publié sur son site
Dans cette région vivent 12% de tous les éléphants de l'Afrique de l'Ouest, rapporte la même source ajoutant que les éléphants du Gourma sont des centaines à vivre en ordre dispersé dans le centre du pays.
Ils vivent essentiellement de feuilles d'arbre en l'absence d'autres nourritures appropriées dans ces zones, relève le PNUD précisant que pour se nourrir ces éléphants parcourent des dizaines de kilomètres par jour.
Le lac de Diona est quant à lui la principale réserve en eau pour des milliers d'animaux sauvages vivent à des kilomètres à la ronde et viennent également chaque nuit pour s'y abreuver.
Les sécheresses récurrentes à partir du mois de décembre ne sont pas la seule menace qui pèse sur les éléphants de Gourma, indique encore le PNUD ciant les activités de braconnage et les conflits humains-éléphants.
Selon les deux derniers inventaires aériens, le nombre de ces éléphants a baissé de 26%, le dernier inventaire fait à travers un comptage aérien et terrestre en 2015 faisait état d'un effectif de 350 éléphants, rapporte le PNUD citant le cantonnement des Eaux et Forêts de Douentza).
Le conflit au nord du pays rend la surveillance et la protection des pachydermes difficiles, alors que sévit le trafic illicite lucratif, souligne le PNUD ajoutant que les conflits humains-éléphants sont engendrés par l'assèchement drastique et continu des points d'eau, fait qui pousse les éléphants à adopter un mode de vie migratoire en quête des sources d'eau.
Les éléphants du Gourma sont pris entre plusieurs feux dans un environnement marqué par une insécurité grandissante avec la présence de narco trafiquants, de groupes terroristes et de milices à caractères ethniques, note le PNUD soulignant que cette insécurité ne facilite pas le travail de sauvegarde des éléphants malgré que la zone des éléphants a été érigée en biosphère par le gouvernement du Mali.
La brigade de lutte anti-braconnage, composée des forces de défense, de la sécurité et des agents des eaux et forêts, constitue aussi une cible pour les groupes terroristes, selon la même source.
Plus récemment, la découverte de l'or dans la biosphère du Gourma a entrainé un afflux des populations au cœur de la réserve de biosphère venant du Mali et de plusieurs pays, poursuit le PNUD qui pointe également du doigt l'utilisation des produits toxiques comme le cyanure occasionné par l'orpaillage qui constitue un problème environnemental et de santé.