Lassaad Ben Ahmed
06 Juin 2018•Mise à jour: 07 Juin 2018
AA / Antananarivo / Sandra Rabearisoa
Trois jours après sa nomination officielle par le président de la République Hery Rajaonarimampianina, le Premier ministre consensuel, Ntsay Christian a pris ses fonctions, mercredi.
La cérémonie de passation entre le nouveau Chef du gouvernement et son prédécesseur s’est tenue dans la matinée, au palais de la Primature à Mahazoarivo, Antananarivo, en présence des chefs d’Institution et des membres du corps diplomatique.
Le Premier ministre sortant a saisi l’occasion pour faire un court bilan de son mandat de deux ans à la tête de la primature, dont l’organisation du sommet de la francophonie à Madagascar en 2016.
«Je tiens à féliciter mon nouveau successeur et j’appelle tous mes collaborateurs à l’aider et à le soutenir entièrement dans sa fonction», a déclaré Mahafaly Olivier Solonandrasana.
Pour sa part, Christian Ntsay a remercié l’ancien président de la transition et président national du parti Mapar (Opposition) qui l’a proposé à ce poste.
«Ma priorité sera d’organiser les élections. Pour ce faire, nous devons changer de mode de gouvernance et mettre en place toutes les bases en vue de scrutins libres, inclusifs et démocratiques », a annoncé Christian Ntsay dans son discours.
Cet ancien représentant de l’Organisation internationale du travail (OIT) aura la lourde tâche de sortir une date pour la tenue d’une élection présidentielle anticipée et de diriger le gouvernement jusqu’à la prise de fonction du nouveau Chef de l’Etat.
Cette nomination a été respectivement saluée, par voie de communiqué, par le bureau de l’Union africaine à Madagascar ainsi que par la coordinatrice du système des Nations-Unies à Madagascar mardi.
Dans sa décision du 25 mai dernier, la Haute cour constitutionnelle a ordonné au président de la République la dissolution du Gouvernement et la nomination d’un Premier ministre consensuel, ainsi que la mise en place d’un gouvernement, sur proposition des partis majoritaires à l’Assemblée nationale.
Cette décision a été publiée en réponse à la requête aux fins de déchéance du président de la République, déposée par les 73 députés de l’opposition qui manifestent devant le parvis de l’hôtel de ville dans la Capitale depuis le 21 avril.
Malgré la nomination du nouveau Premier ministre, les députés ont annoncé hier, que leur mouvement continuera jusqu’à la mise en place du gouvernement de consensus, normalement prévue pour ce vendredi.
Cette nouvelle étape devrait résoudre la crise politique qui secoue la Grande île depuis un mois et demi.