Sante, Afrique

Madagascar: La peste retarde la rentrée scolaire

-Initialement prévu le lundi 2 octobre, la rentrée officielle pour l’année scolaire 2017-2018 à Madagascar a été reportée à 3 reprises.

Esma Ben Said  | 01.11.2017 - Mıse À Jour : 02.11.2017
Madagascar: La peste retarde la rentrée scolaire

Antananarivo

AA/Antananarivo/Sandra Rabearisoa

Le déclenchement en août dernier, de l’épidémie de peste à Madagascar, qui a fait jusqu'à présent une centaine de morts et un millier de cas détectés d'après un bilan officiel, a chamboulé plusieurs secteurs du pays, dont celui de l’éducation.

La fermeture des écoles a, d'ailleurs, été la décision qui a créé les plus grandes polémiques, même si aucun décès d’enfant dû à la peste n’a été signalé par le ministère de la Santé jusqu'à présent.

Initialement prévue pour le lundi 2 octobre, la rentrée officielle pour l’année scolaire 2017-2018 à Madagascar a été reportée à 3 reprises. Au lendemain de la détection des premiers décès dus à la peste au début du mois d’octobre, le ministère de l’Education Nationale a décidé d'un premier report d’une semaine.

Puis, avec la hausse des décès et la propagation rapide de la maladie, un nouveau report d’une semaine a été annoncé. Le 21 octobre, le ministère conjointement avec la direction nationale des écoles privées de Madagascar (DNEPM) a annoncé que les cours ne reprendront que le 6 novembre pour les circonscriptions scolaires situées dans les zones qui recensent des cas de peste.

Ce report touche les Zones d’appui pédagogiques (Zap), situées dans 25 Circonscriptions scolaires de Madagascar, incluant principalement la Capitale Antananarivo et Toamasina, où les décès de la peste ont été les plus nombreux. Les cours reprennent normalement dans les autres endroits qui n’ont pas recensé de cas de peste.

Colère des écoles catholiques

Ce troisième report a, pourtant, suscité la colère des écoles catholiques. Le samedi 21 octobre dernier, la Direction diocésaine des écoles catholiques (Didec) est d'ailleurs montée au créneau, pour contester la nouvelle décision du ministère de l’Education nationale de reporter, une nouvelle fois, la rentrée scolaire.

La décision porte préjudice aux élèves, selon la Didec qui s’inquiète surtout du grand retard d’un mois observé au niveau du calendrier scolaire et sur l’absence de transparence dans la gestion de l’épidémie. En principe, le calendrier scolaire malgache s’étend sur 39 semaines et compte 5 bimestres.

«Si l’on ferme les établissements scolaires, est-ce que cela veut dire que la peste se transmet uniquement à l’école ? Pourquoi les autres secteurs d’activités continuent, pourtant, de tourner ?», s’interroge le vicaire général du Diocèse d’Antananarivo, le Père Ludovic Randrianantoandro qui s’est fait porte-parole des écoles catholiques de la Capitale, au cours d’une conférence de presse.

Randrianantoandro avait également annoncé que les écoles catholiques allaient reprendre les cours dès le 25 octobre. Effectivement, une grande partie des écoles catholiques ont ouvert leurs portes depuis cette date, à Antananarivo mais ont toutefois adopté des mesures de vigilance face à la peste.

Les parents divisés

La décision de la Didec a divisé les parents rencontrés par Anadolu.

«Je pense que mes enfants seront plus en sécurité à l’école au lieu de rester cloîtrés à la maison ou d’errer dans le quartier», argumente Georgette, une mère qui habite à Soanierana et qui se prononce en faveur de la décision de revenir à l’école. En revanche, Fenitra, un père de famille se montre davantage protecteur.

«Je tiens à la santé de mes enfants et j’estime qu’ils sont mieux protégés à la maison», soutient -il fermement.

Côté écoliers, les vacances commencent à devenir trop longues.

Mathieu, un jeune élève de 9 ans qui étudie à l’école des sœurs à Soanierana (Antananarivo), se dit enthousiaste à l’idée de revenir à l’école.

«Je suis content de revenir à l’école, car les vacances ont été trop longues. En plus, j’avais hâte de retrouver mes camarades de classe. Mes enseignants m'ont rassuré que je ne risque pas d'attraper l'épidémie de peste ».

Comme beaucoup d’élèves, Mathieu a rejoint les bancs de l’école depuis le mercredi 25 octobre. Avant d’enter à son école, il doit passer devant un thermoflash permettant de connaître la température de chaque élève et de détecter d’éventuels signes de la peste, dont une fièvre élevée.

Le 22 octobre, dans une déclaration sur sa page Facebook, le ministre de l’Education Nationale, Paul Rabary a déclaré que «la Didec a pris en toute liberté la décision d’avancer la rentrée pour le 25 octobre».

Il soutient que la décision de reculer la rentrée pour le mois de novembre a été «prise avec l’accord des partenaires internationaux, tels que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et ce, dans le but de prévenir que des élèves soient affectés par la peste à l’école».

Mesures de protection

Après les écoles catholiques, un groupe d’écoles privées de la Capitale ont également manifesté leur souhait d’avancer la rentrée au lieu du 6 novembre. Pour cause, les parents rechignent à payer les écolages pour le mois d’octobre puisque les cours n’ont pas encore débuté, alors que les écoles doivent néanmoins payer le salaire des enseignants.

Jointe par téléphone, la directrice d’une école privée sise à Tsimbazaza, à Antananarivo, affirme que «nous nous soumettons entièrement à la décision du ministère de l’Education nationale et ne débuteront les cours qu’en novembre».

Pour rassurer les parents, le ministère annonce la prise de mesures, telles que la mise en place d’un comité de vigilance dans les écoles, ainsi que d’une salle d’isolement pour les élèves suspectés de peste. A cela s’ajoute le renforcement des mesures d’hygiène et de propreté à travers des séances de désinfection et désinsectisation des salles de classe.

Les chefs des Zones d’appui pédagogiques reçoivent également des formations dispensées par les responsables de santé scolaires régionaux. Quant au calendrier scolaire, les vacances ont été réduites pour les circonscriptions scolaires concernées par les reports de la rentrée.

D’après un dernier bilan du ministère de la Santé Publique en date du vendredi 27 octobre, le nombre de décès de la peste a connu une stagnation avec 126 morts et plus d’un millier de cas dont 948 guéris.

Selon le ministère de l'Education nationale, le Madagascar compte 6.9 millions d'élèves, dont 600 mille au niveau préscolaire, 4.7 millions d'élèves au niveau primaire, 1.15 million de collégiens et 370 mille lycéens, soit une importante population à protéger.

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