Nadia Chahed
25 Août 2020•Mise à jour: 25 Août 2020
AA/Tunis
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty international a dénoncé mardi le meurtre de 22 détenus par les forces de sécurités à Madagascar.
"Il s'agit d'une attaque effroyable contre le droit à la vie, ce qui montre que le gouvernement malgache continue de négliger la vie des détenus. Nous avons averti à maintes reprises les autorités que les conditions de détention sordides à Madagascar, aggravées par la surpopulation et le manque de ressources, conduiraient à une tragédie", a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et australe, cité dans un communiqué publié mardi par Amnesty.
Cela devrait être un signal d'alarme pour que le gouvernement s'attaque de toute urgence et de manière globale à sa crise carcérale, a-t-il ajouté, soulignant que les autorités doivent immédiatement ouvrir une enquête indépendante sur la mort de ces détenus et traduire en justice les personnes reconnues responsables d'avoir utilisé une force meurtrière inutile.
"Malgré les promesses faites par le président Andry Rajoelina l'année dernière, la surpopulation sévit toujours et les taux de détention provisoire restent excessivement élevés dans les prisons de Madagascar. Les conditions se sont aggravées depuis l'épidémie de COVID-19, les détenus ne recevant plus de visites de leur famille ou de leurs avocats. De plus, ils vivent dans la peur de tomber malades et de ne pas avoir un accès approprié aux soins de santé", a-t-il ajouté.
Le 23 août, les forces de sécurité ont tué 20 prisonniers après s'être échappés vers 12 heures de la prison de Farafangana, dans la région sud-est de Madagascar, rappelle Amnesty, ajoutant que deux autres détenus sont décédés le 24 août des suites de leurs blessures et d’autres restent hospitalisés en raison de graves blessures.
Citant des rapports locaux, Amnesty rapporte que les détenus se sont échappés pour protester contre leur détention provisoire prolongée, le recours à la détention provisoire pour des délits mineurs, les conditions de détention sordides caractérisées par une grave surpopulation et la corruption généralisée qui les oblige à donner des pots-de-vin à divers acteurs du système pénitentiaire.