Nadia Chahed
21 Février 2017•Mise à jour: 21 Février 2017
AA/Tunis
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à "prendre des mesures immédiates pour mettre un terme aux violations généralisées des droits de l'homme, y compris les exécutions sommaires apparentes".
Cet appel a été lancé dans un communiqué publié mardi sur le site de l'ONU, il fait suite à la diffusion de vidéos montrant des soldats congolais exécutant des civils désarmés.
"Il y a plusieurs allégations crédibles de violations massives des droits de l'homme dans les régions du Kasaï, du Kasaï-central, du Kasaï-oriental et de Lomami, dans le contexte d'une forte détérioration de la situation sécuritaire, y compris des personnes ciblées par des soldats pour leur prétendue affiliation avec une milice locale", déplore le responsable onusien.
« Il est temps d'arrêter une réaction militaire brutale qui ne fait rien pour s'attaquer aux causes profondes du conflit entre le gouvernement et les milices locales mais vise plutôt les civils sur la base de leurs liens présumés avec les milices », a-t-il souligné.
Le communiqué rapporte, en outre, que "des séquences vidéo horribles ont émergé au cours du week-end dernier, montrant apparemment des soldats des Forces armées de RDC (FARDC) tirer à plusieurs reprises et sans prévenir sur des hommes et des femmes présumés appartenir à la milice Kamiuna Nsapu, dans le village de Muenza Nsapu".
Soulignant que la mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC ( MONUSCO), n'est pas en mesure de vérifier l'origine et l'authenticité de la vidéo, Al-Hussein a appelé les autorités congolaises à "mener une enquête indépendante, impartiale, rapide, efficace et transparente afin de faire la lumière sur ce qui s'est passé et de veiller à ce que les responsables rendent pleinement compte de ce qui semble être l'utilisation d'une force excessive et disproportionnée, et dans certains cas, d'une force mortelle ».
Le texte rappelle enfin qu'une milice locale liée à un chef coutumier, Kamuina Nsapu, qui a été tué par les forces armées de la RDC en août 2016, est de plus en plus active dans la province du Kasaï central, s'attaquant principalement aux bâtiments gouvernementaux et aux églises ainsi qu'aux forces de sécurité nationales.
Le Bureau commun des Nations Unies pour les droits de l'homme ( BCNUDH) a recensé une flambée récente des violences dans la province du Kasaï-central. il a reçu des informations selon lesquelles environ 50 personnes auraient été tuées par des troupes entre le 6 et le 8 février, et 101 autres personnes auraient été tuées dans des affrontements avec des soldats entre le 9 et le 13 février, note enfin le communiqué.
La condamnation du HCDH succède à celles faites par les Etats-Unis et la France qui avaient également appelé les autorités congolaises à mener une enquête pour faire la lumière sur ces exactions attribuées à des soldats des FARDC