Nadia Chahed
26 Octobre 2018•Mise à jour: 27 Octobre 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a jugé "regrettables" les déclarations de l’ambassadeur burundais concernant le rapport de la commission d’enquête onusienne sur le Burundi.
Bachelet s'exprimait jeudi soir lors d'une réunion de la troisième commission de l'Assemblée générale à New York, a rapporté l’ONU sur son site.
"La déclaration faite hier par l’Ambassadeur du Burundi, Albert Shingiro, contre le rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est profondément regrettable, tant par son ton que par son contenu", a estimé la responsable onusienne.
L’Ambassadeur du Burundi aux Nations unies avait, dans son discours, dénoncé le caractère "insultant" du dernier rapport de la commission d'enquête sur le Burundi.
"C’est un rapport insultant et dénigrant, conçu à l’image de ses auteurs qui sont téléguidés par un laboratoire étranger très bien connu depuis 2015", a-t-il déclaré.
Rappelant qu’en tant qu'État membre des Nations Unies, le Burundi devrait faire preuve de respect envers ses institutions et les divers organes, lois et mécanismes créés, Bachelet a exhorté le gouvernement burundais "à retirer immédiatement cette déclaration incendiaire et à présenter des excuses à Doudou Diène et aux autres commissaires, ainsi qu'au Conseil des droits de l'homme, qui a créé la Commission, et à son président qui a choisi et nommé les trois commissaires".
Le dernier rapport de la commission d’enquête des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme au Burundi, publié en septembre dernier, faisait état d'une "persistance des violations des droits de l'Homme".
La commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques au Burundi.
Son mandat a été renouvelé pour la deuxième fois le 28 septembre dernier. Bujumbura a toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission. Le gouvernement burundais n’a pas encore réagi à ce nouveau rapport.
En octobre 2017, le gouvernement burundais s’est également désengagé de la Cour pénale internationale (CPI).
Bujumbura a, également, suspendu sa coopération avec le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants sur le Burundi.
Le Burundi est actuellement l'un des 47 États membres siégeant au Conseil des droits de l'homme.
Depuis plus de trois ans, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.
Ces violences ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé près de 400.000 personnes à l’exil, selon le dernier rapport de l’agence de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR).