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11 Juin 2022•Mise à jour: 11 Juin 2022
AA / Tripoli
Le Chef du gouvernement d'Union nationale en Libye, Abdelhamid Dbeibeh, a souligné, samedi, que la seule issue pour surmonter l'impasse politique dans le pays est une constitution aux contours clairs et la tenue d'élections législatives et présidentielle.
C'est ce qui ressort d'une allocution prononcée par Dbeibeh, au cours d'une cérémonie à l'Université de Misrata, au lendemain d'affrontements armés entre deux groupes relevant du gouvernement de Tripoli, et qui ont été critiqués par l'Union européenne (UE).
Dbeibeh a indiqué « qu'il n'est possible de surmonter cette impasse politique en Libye qu'à travers une Constitution aux contours clairs et des élections…Nous n'avons d'autre choix que la voie des élections et celle d’une Constitution permanente pour la Libye ».
Il a ajouté que la « Communauté internationale rejette toute autre solution et est plus encline désormais à la tenue d'élections considérées comme étant une option unique et saine », a-t-il indiqué.
S'agissant des préparatifs engagés par le gouvernement pour l'organisation des élections, Dbeibeh a tenu à souligner : « Nous sommes désormais prêts pour l'organisation du scrutin et nous nous adresserons à la Commission électorale en avançant des dates détaillées et fixes ».
De son côté, le chef du gouvernement chargé par le Parlement, Fathi Bashagha, a indiqué « qu’il n’est pas possible de faire confiance à une bande de hors-la-loi qui usurpe une identité autre que la sienne, pour garantir la tenue d'élections dans la mesure où elle est incapable d'assurer la sécurité et la sûreté des citoyens ».
Dans une série de tweets postés sur son compte officiel, Bashagha a écrit : « nous avons privilégié la paix aux combats, nous avons tendu nos mains à l'ensemble des protagonistes et nous avons obtenu un consensus libo-libyen entre la Chambre des députés et le Haut Conseil d'État. Nous avons couronné ce consensus par la genèse d'un gouvernement dédié à tous les Libyens sans exception ».
Il a ajouté : « Nous veillons à protéger les civils et à garantir la sacralité du sang libyen. La vie d'innocents est devenue menacée à cause de l'anarchie ».
Bashagha a ajouté que « la protection des civils et des innocents parmi les citoyens désarmés ne peut être assurée qu’à travers une série d’arrangements sécuritaires, sous la supervision de la mission onusienne pour évacuer la capitale de toute forme d'armes lourdes et légères ».
Et Bashagha de poursuivre : « La sécurité ne peut être rétablie et la paix ne peut être stabilisée sans la présence d'un Etat, dont les autorités bénéficient de la légalité constitutionnelle et juridique et cela nous incite à aller de l'avant sur la voie de l'organisation d'élections parlementaires et présidentielle ».
A cause de plusieurs différends qui opposent les institutions libyennes officielles, s’agissant en particulier des deux textes de loi régissant les élections, il n'a pas été possible de tenir le scrutin, initialement prévu le 24 décembre dernier, dans le cadre d'un plan supervisé par les Nations unies.
La Libye est en proie actuellement à un conflit politique après l'installation par la Chambre des députés de Fathi Bashagha en tant que chef d'un nouveau gouvernement, pour remplacer le Chef du gouvernement, Abdelhamid Dbeibeh, qui refuse de céder le pouvoir sauf à un cabinet issu du nouveau Parlement élu.
Jusqu'à présent, il n'a pas été possible de convenir d'une nouvelle date pour la tenue des élections présidentielle et législatives, échéance qui représente un espoir pour les Libyens afin de mettre un terme à un conflit qui sévit dans leur pays depuis près d’une décennie.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou