AA / Benghazi (Libye) / Moaataz al-Majbri
Des dizaines de ressortissants turcs ont quitté mardi, la ville libyenne de Benghazi (Est de la Libye) en direction de l’aéroport international de Labrak situé dans la ville de el-Beida (Est) afin de s'envoler pour la Turquie, après les menaces lancées par les forces du général libyen à la retraite Khalifa Hafatr les sommant de quitter le territoire libyen.
« Plus de 80 ressortissants turcs ont quitté la ville de Benghazi par voie terrestre à destination de l’aéroport de Labrak dans la ville d'el-Beida (300 Km à l’Est de Benghazi) pour partir en Turquie cet après-midi, suite aux menaces proférées à leur encontre par les forces de Haftar », a rapporté le correspondant de Anadolu.
« Les Turcs qui ont quitté Benghazi mardi travaillent dans des sociétés de bâtiment turques qui construisent des habitations dans la ville ainsi que dans des restaurants turcs ».
Omar Echikh Moussa, ressortissant turc résidant à Benghazi, a indiqué à Anadolu «qu’ils (les Turcs) comptent quitter le sol libyen afin de préserver leur sécurité suite aux menaces proférées par les forces de Haftar ».
« Nous quitterons la Libye mardi après-midi à bord d’un avion qui atterrira à Istanbul», a-t-il ajouté, précisant que «c’est le consul turc qui a organisé ce voyage ».
Moussa a, par ailleurs, souligné que « plusieurs Turcs, liés par des contrats de travail, sont encore à Benghazi. Ils comptent partir une fois leur situation professionnelle régularisée ».
Les forces du général libyen à la retraite Khalifa Haftar avaient lancé un ultimatum de 48 heures, à compter de samedi minuit, aux Turcs et aux Qataris pour quitter les zones de l’Est de la Libye, menaçant de prendre des mesures contre ceux qui seront arrêtés après l’expiration du délai imparti.
Hijazi, porte-parole des forces de Haftar avait notamment souligné: « La rue libyenne est en ébullition contre les Turcs et les Qataris et nous ne souhaitons pas que les ressortissants de ces deux pays soient agressés ou qu’ils subissent une réaction négative de la part de la population compte tenu de leur présence ».
Commentant cet ultimatum, le ministère libyen des Affaires étrangères avait affirmé lundi dans un communiqué que « ces déclarations ne reflètent aucunement la position officielle de l’Etat libyen ».
« La garantie de la sécurité des ressortissants étrangers résidant en Libye relèvent de la responsabilité du gouvernement provisoire qui veille à ce qu’ils ne soient aucunement atteints », poursuit le communiqué.
Ankara avait annoncé, le 13 juin courant, la fermeture de son consulat général à Benghazi et recommandé à ses ressortissants de quitter ce pays si leur présence ne s’avère pas "extrêmement nécessaire ».