Mohamed Hedi Abdellaoui
16 Novembre 2016•Mise à jour: 17 Novembre 2016
AA/ Bujulbura/ Nzosaba Jean Bosco/ Yvan Rukundo
Il fait mauvais temps du côté de la frontière burundo-rwandaise. Des policiers des deux pays se sont regardés en chiens de faïence, mercredi, après que des agents rwandais ont empêché des policiers burundais d’installer des caméras de surveillance à Cibitoke, dans le Nord-ouest burundais, a appris Anadolu auprès d'une source sécuritaire.
«Cela a commencé mardi quand la police burundaise qui était sur le point d’installer des caméras de surveillance et des logiciels associés, a été empêchée par des policiers rwandais arguant que la frontière est commune entre les deux pays», a déclaré à Anadolu Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de la Sécurité publique burundais.
Entamant un mouvement de grève, les policiers rwandais ne sont plus à l’œuvre et la circulation est suspendue au niveau du poste frontalier de Ruhwa, situé à 80 km de Bujumbura, la capitale burundaise. Des négociations sont, par ailleurs, en cours entre les deux parties pour débloquer la situation.
«Les policiers rwandais communiquent avec Kigali par internet, nous devons aussi installer notre système de communication interne», a indiqué a Anadolu le commissaire de police Pierre Nkurikiye.
La méfiance entre les deux parties a atteint son comble. Les relations entre le Burundi et le Rwanda ne cessent de se détériorer depuis une année et demie. Bujumbura accuse Kigali d’abriter ses opposants et de les entraîner militairement en vue de renverser le régime de Pierre Nkurunziza. De son côté, Kigali accuse Bujumbura d’être de mèche avec les rebelles rwandais accusés d’avoir perpétré le génocide de 1994.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha, qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait depuis un an plus de 700 morts et poussé plus de 310.000 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).