Nazlı Yüzbaşıoğlu,Tuncay Çakmak
07 Mars 2016•Mise à jour: 07 Mars 2016
AA - Ankara
Le nombre de hauts diplomates turcs féminins a nettement progressé ces dernières années.
En 2002, le nombre d’ambassadrices au sein du corps diplomatique turc était seulement de 14.
En 2016, le ministère des Affaires étrangères comporte 37 ambassadrices et 9 consules générales.
L’Afrique, priorité de la diplomatie turque des dernières années, bénéficie de 16% des hautes diplomates turcs. Ce qui est un taux encourageant puisque selon Standard and Poor’s, agence de notation de crédit internationale, seulement 5% de femmes dirigent les 500 plus grandes sociétés du monde.
Au sein du MAE turc, 665 femmes sont diplomates, soit une hausse de 34% par rapport à 2006 où elles étaient au nombre de 439.
Sur les 18 directeurs généraux du ministère, 2 sont des femmes, mais au niveau des directeurs-adjoints, elles représentent 50% des effectifs, avec 21 directrices-adjointes sur 41 au total.
Cinq ambassadrices turques en poste en Afrique ont adressé des messages à l’Agence Anadolu à l’occasion de la journée Internationale de la Femme.
La première ambassadrice turque en Afrique, Aylin Tashan, a été nommée à Maputo, capitale du Mozambique, en 2011.
«Ouvrir une ambassade et développer les relations entre le Mozambique et la Turquie ont permis d’oublier les difficultés propres à l’Afrique, la santé et l’insécurité, a-t-elle dit. Tout travail accompli m’a permis d’oublier ces difficultés.»
L’Ambassadrice Tashan a aussi indiqué qu’au Mozambique, 40% du parlement est constitué de femmes et qu’elles sont représentées à 50% dans le gouvernement.
Esra Demir est actuellement ambassadrice à Abidjan en Côte d’Ivoire. Sa première mission à l’étranger, elle l’avait assurée au Sénégal.
«Je me souviens avoir demandé à des amis une carte de l’Afrique pour savoir où se trouve le Sénégal, a-t-elle raconté. J’ai vécu les deux plus belles années qu’une jeune diplomate pouvait vivre à Dakar.»
«Je conseille aux jeunes diplomates, femmes ou hommes, de faire leurs premières missions en Afrique, a-t-elle poursuivi. C’est une expérience très enrichissante.»
L’Ambassadrice de la Turquie à Windhoek, capitale de la Namibie, est Deniz Cakar.
«Quand j’ai appris ma nomination, j’ai été très excitée, la seule chose qui comptait pour moi c’était de trouver un bon collège pour mon fils, a-t-elle expliqué. Être nommée en Afrique n’était pas une surprise, puisque ce continent est celui qui compte le plus de pays, 54 au total, et nous y avons 39 ambassades. Travailler en Namibie est une belle expérience pour moi, c’est comme un laboratoire: vous observezs, vous passez à l’action et vous obtenez des résultats.»
L’Ambassadrice Sedef Yavuzalp est en poste à Kampala en Ouganda. Avant d’y être nommée, elle était présidente du département Afrique de l’Ouest au ministère et a travaillé pendant quatre ans en tant directrice-adjointe pour l’Afrique Orientale. Elle connaissait donc déjà les pays africains.
«La politique africaine de la Turquie est l’une des plus performantes de notre diplomatie, a-t-elle affirmée. Mon mari, aussi diplomate, est ambassadeur en Ethiopie et au sein de l’Union Africaine, nous sommes donc en poste dans des pays voisins. C’est un exemple important de la politique de notre ministère en faveur de la famille et des femmes diplomates.»
Nurdan Bayraktar Golder est ambassadrice à Libreville, capitale du Gabon.
«Ma carrière de près de 25 ans en tant que diplomate s’était principalement passée en Europe, a-t-elle raconté. Quand j’ai été nommé au Gabon j’ai été très excitée. Même si on a l’habitude, il faut reconstruire sa vie à chaque nouvelle nomination.»
«Je suis convaincue que si de plus en plus de femmes deviennent des hautes diplomates et des ambassadrices, c’est pour leurs performances individuelles», a-t-elle ajouté pour conclure.