Safwene Grira
29 Octobre 2015•Mise à jour: 30 Octobre 2015
AA/ Kigali/ Olive Adjakotan
La chambre des députés du Rwanda s'est prononcée, jeudi soir, en faveur d'une révision constitutionnelle qui ouvrira la voie à un troisième mandat du Président Paul Kagamé en 2017, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Après deux jours de débats, 74 députés (une abstention, cinq absences) se sont prononcés pour ce projet qui sera "prochainement" soumis à l'approbation de la deuxième chambre, le Sénat, avant de faire l'objet d'un référendum, a annoncé la chambre des députés.
Si le principe de limitation du nombre de mandats présidentiels figurera toujours dans la nouvelle mouture, l’exercice de la fonction présidentielle passera de 7 à 5 ans, renouvelable une seule fois.
Destinée à régir des dispositions transitoires, un article 172 de la constitution revisitée permettra au Président qui sera élu en 2017 de faire un dernier septennat avant que les nouvelles dispositions ne prennent effet en 2024.
"Le Président de la République qui termine son mandat peut être réélu pour un mandat de 7 ans. Les disposition de la présente constitution révisée prennent effet après ce mandat de 7 ans", prévoit un article 172 de la Constitution révisée.
Au pouvoir depuis 2000, Kagame pourrait, si la révision est adoptée en ces termes, briguer deux quinquennats et rester au pouvoir jusqu'en 2034.
"Pour le moment c’est ce qu’on a voté. On n'a pas voté une loi pour une seule personne, on a voté pour une Constitution ouverte à tous les Rwandais qui voudraient présenter leur candidature à la présidence de la République. Il n’est mentionné nulle part que c’est le président Paul Kagamé donc c’est ouvert à tout le monde.” a déclaré à Anadolu Donatille Mukabalisa, présidente de la Chambre des députés.
Une pétition revendiquant plus de 3.7 millions de signatures avait demandé, l'été dernier, l'engagement d'une révision constitutionnelle pour permettre à Paul Kagame de briguer un nouveau mandat, que ne permet pas l'état actuel des textes. L'opposition qui avait tenté un recours devant la Cour constitutionnelle contestant cette révision, a été déboutée.